C’est quoi l’Islam ?

C’est quoi l’Islam ?

L’islam (arabe : الإسلام ; Alʾislām, la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu1) est une religion abrahamique s’appuyant sur le dogme du monothéisme absolu (تَوْحيدtawhid) et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu (اللهAllahrévélée à Mahomet (محمّد, Muḥammad), proclamé par les adhérents de l’islam comme étant le dernier prophète de Dieu2, au viie siècle en Arabie au sud-ouest de l’Asie3. Un adepte de l’islam est appelé un musulman ; il a des devoirs cultuels, souvent appelés les « piliers de l’islam ». En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale4, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l’hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme, avec lesquels il possède des éléments communs.

L’islam se répartit en différents courants, dont les principaux sont le sunnisme, qui représente 90 % des musulmans5, le chiisme et le kharidjisme.

Les musulmans croient que Dieu est indivisible (sans fils)6 et inimaginable (sans image)7 et que l’islam est la religion naturelle au sens où elle n’a pas besoin de la foi en l’unicité divine pour constater l’existence de Dieu, cette vérité étant donnée tout entière dès le premier jour et dès le premier Homme (Adam)8. Ainsi, elle se présente comme un retour sur les pas d’Abraham (appelé, en arabeIbrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant l’étalon-pied, la lieue de la Kaaba, le mille d’Abraham (milla ta Ibrahim)9,10,11, c’est-à-dire une soumission exclusive à la volonté d’AllahNote 1.

Le Coran reconnaît l’origine divine de l’ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianismeNote 2, tout en estimant qu’ils seraient, dans leurs interprétations actuelles, le résultat d’une falsification partielle12 : les Feuillets d’Abraham, la Tawrat (le Livre de Moïse13 identifié à la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l’Injil (l’Évangile de Jésus14).

Le Coran établit l’importance de la Sunna de Mahomet qui est connue par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses)15,Note 3, récits appelés hadîths, auxquels se réfèrent la majorité des musulmans pour l’établissement de règles juridiques (fiqh) permettant la compréhension et l’accomplissement des adorations du musulman au quotidien. Les différentes branches de l’islam ne s’accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique (la charia), les deux autres étant le consensus (ijma’) et l’analogie (qiyas). Il établit également le devoir d’aimer la famille de Mahomet (ahl al-bayt, littéralement « les gens de la maison »).

Islam

Islam

Image illustrative de l’article Islam

La Kaaba, située à La Mecque en Arabie saoudite, est le centre de l’islam

Présentation

Nom original

arabe : الإسلام ; Alʾislām (« la soumission »)

Nom français

Islam

Nature

Religion distincte

Lien religieux

Apport du judaïsme et du christianisme avec changements majeurs disruptifs

Principales branches religieuses

Sunnisme (90 %) et chiisme

Nom des pratiquants

Musulman

Croyances

Type de croyance

Monothéisme

Croyance surnaturelle

Divinitédjinnange

Principales divinités

Dieu (Allah en arabe)

Principaux prophètes

IbrahimMoussaIssa et Mahomet

Personnages importants

Mahomet, Ali (chiisme)

Lieux importants

La MecqueMédineJérusalem

Principaux ouvrages

Le Coran, divers recueils de hadiths

Pratique religieuse

Date d’apparition

viie siècle

Lieu d’apparition

Arabie

Aire de pratique actuelle

Monde entier

Nombre de pratiquants actuel

1.8 milliard

Principaux rites

Divers rites suivant branches et mouvements religieux

Clergé

Pas de clergé sauf dans le Chiisme.

Classification

Classification d’Yves Lambert

Religion de Salut universaliste

Période axiale selon Karl Jaspers

Formation des grands empires (ive siècle av. J.-C. – ier siècle av. J.-C.), puis des grandes aires civilisationnelles politico-religieuses

L’islam (arabe : الإسلام ; Alʾislām, la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu1) est une religion abrahamique s’appuyant sur le dogme du monothéisme absolu (تَوْحيدtawhid) et prenant sa source dans le Coran, considéré comme le réceptacle de la parole de Dieu (اللهAllahrévélée à Mahomet (محمّد, Muḥammad), proclamé par les adhérents de l’islam comme étant le dernier prophète de Dieu2, au viie siècle en Arabie au sud-ouest de l’Asie3. Un adepte de l’islam est appelé un musulman ; il a des devoirs cultuels, souvent appelés les « piliers de l’islam ». En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale4, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du monde après le christianisme et devant l’hindouisme. C’est, chronologiquement parlant, le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques, après le judaïsme et le christianisme, avec lesquels il possède des éléments communs.

L’islam se répartit en différents courants, dont les principaux sont le sunnisme, qui représente 90 % des musulmans5, le chiisme et le kharidjisme.

Les musulmans croient que Dieu est indivisible (sans fils)6 et inimaginable (sans image)7 et que l’islam est la religion naturelle au sens où elle n’a pas besoin de la foi en l’unicité divine pour constater l’existence de Dieu, cette vérité étant donnée tout entière dès le premier jour et dès le premier Homme (Adam)8. Ainsi, elle se présente comme un retour sur les pas d’Abraham (appelé, en arabeIbrahim par les musulmans) du point de vue de la croyance, le Coran le définissant comme étant l’étalon-pied, la lieue de la Kaaba, le mille d’Abraham (milla ta Ibrahim)9,10,11, c’est-à-dire une soumission exclusive à la volonté d’AllahNote 1.

Le Coran reconnaît l’origine divine de l’ensemble des livres sacrés du judaïsme et du christianismeNote 2, tout en estimant qu’ils seraient, dans leurs interprétations actuelles, le résultat d’une falsification partielle12 : les Feuillets d’Abraham, la Tawrat (le Livre de Moïse13 identifié à la Torah), le Zabur de David et Salomon (identifié au Livre des Psaumes) et l’Injil (l’Évangile de Jésus14).

Le Coran établit l’importance de la Sunna de Mahomet qui est connue par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses)15,Note 3, récits appelés hadîths, auxquels se réfèrent la majorité des musulmans pour l’établissement de règles juridiques (fiqh) permettant la compréhension et l’accomplissement des adorations du musulman au quotidien. Les différentes branches de l’islam ne s’accordent pas sur les compilations de hadiths à retenir comme authentiques. Le Coran et les hadiths dits « recevables » sont deux des quatre sources de la loi islamique (la charia), les deux autres étant le consensus (ijma’) et l’analogie (qiyas). Il établit également le devoir d’aimer la famille de Mahomet (ahl al-bayt, littéralement « les gens de la maison »).

Sommaire

Étymologie

Le croissant et l’étoile verts, symboles politiques de l’islam.

Le mot « islam » est la translittération de l’arabe الإسلام, islām écouter, signifiant : « la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu »1. Il s’agit d’un nom d’action (en arabe اسم فعل ism fi’l), qui désigne l’acte de se soumettre volontairement, dérivé d’un radical sémitique, s.l.m, à l’origine d’une classe de mots signifiant la concorde, la complétude, l’intégrité ou la paix16. Le nom d’agent (en arabe اسم فاعل ism fā’il) dérivé de cette racine est مُسْلِم muslim « celui qui est aminci » en vieil arabeNote 4, mais « celui qui se soumet » en arabe moderne, à l’origine du mot français musulman17. Dans la première communauté, le croyant portait le nom de mu’minun et non celui de muslimun18. Ce n’est que plus tardivement que cette religion prendra le nom d’islamNote 519.

On trouve, particulièrement dans les anciens romans de chevalerie, les termes « mahométisme » (anciennement « mahométanisme »20) et « mahométan », qui sont tombés en désuétude depuis plus d’un siècle21. Ces termes dérivent tous deux du nom francisé « Mahomet ». La religion musulmane a, par la suite, été désignée en français par le mot « islamisme » (comme « judaïsme », « christianisme », « bouddhisme », « animisme », etc). Ce terme est de création française et son usage est attesté en français depuis le xviiie siècle, Voltaire l’utilisant à la place de « mahométisme » pour signifier « religion des musulmans ». Au xxe siècle, le mot « islamisme », remplacé par celui d’« islam » dans cette ancienne acception, a changé de sens et s’est spécialisé pour désigner l’utilisation politique de l’islam22, l’islamisme devenant alors une doctrine politique qui vise à l’expansion de l’islam23. Les termes « islam » et « musulman » ne sont employés couramment en français que depuis le xxe siècle20.

Le mot « islam » avec une minuscule désigne la religion dont le prophète est Mahomet. Le terme d’« Islam » avec une majuscule24 désigne la civilisation islamique dans son ensemble25un ensemble de traits matériels, culturels et sociaux durables et identifiables26. Il désigne, au-delà de la religion proprement dite avec sa foi et son culte, une puissance politique et un mouvement de civilisation généralNote 6.

Le mot « Musulman » (avec une majuscule) désignait au sein de l’ex-Yougoslavie une des communautés nationales (nationalité distincte depuis 1974) et la désigne encore dans certains des États qui en sont issus27. Au temps du Troisième Reich, dans les camps de concentration, le mot « musulman » ou « muselmann » est utilisé pour désigner les faibles, les inadaptés, ceux qui étaient voués à la sélection28,29,30.

Histoire

Mihrab de la Grande Mosquée de Kairouan, celle-ci étant le plus ancien lieu de culte de l’Occident musulman. La niche est un joyau de l’art islamique au ixe siècle.

Pour l’historienne Jacqueline Chabbi, l’islam des origines souffre encore d’un déficit d’historicité. La lecture historico-critique qui s’est appliquée pour le judaïsme et le christianisme n’a guère touché l’islam jusqu’à présent31. L’étude de cette période reste complexe, pour des raisons méthodologique et l’état des sources. « Ce passé primordial arabo-musulman se donne, en effet, à lire comme un récit composé a posteriori et visant à légitimer un pouvoir musulman confronté à ses propres divisions et à la splendeurs des empires passés ». Cette histoire est une construction du ixe et xe siècles32.

L’islam est apparu en Arabie au viie siècle sous l’impulsion de Mahomet. Un siècle après sa mort, un empire islamique s’est étendu depuis l’océan Atlantique à l’ouest jusqu’à l’Asie centrale à l’est. L’islam naît dans un contexte de “violence endémique”. De nombreuses batailles caractérisent cette période. Dès le premier calife, Abou Bakr, une guerre est menée par des arabes qui défendaient leurs croyances ancestralesNote 7. La mort du troisième calife entraîne une guerre civile parmi les musulmans33

Cette période d’expansion territoriale et de construction politique du califat voit se mettre en place la religion islamique, ses dogmes, ses normes et ses rites32. L’universitaire britannique William Montgomery Watt écrit : On estime en général que le dogme ne s’est développé qu’à partir du califat d’Ali34, quatrième calife dans la seconde moitié du viie siècle. Pour l’historienne Sabrina Mervinl’adoption de l’acharisme (xe et xie siècles) acheva la construction de l’orthodoxie sunnite35. De même, l’apparition du nom de Mahomet à la fin du viie siècle est considérée par Frédéric Imbert comme une évolution dans l’expression de la foi36. Cette période est aussi celle de la rédaction du Coran, qui, pour François Déroche, n’est pas stabilisé avant le viiie siècle37,Note 8. Le califat abbasside voit se mettre en place une fixation de la religion musulmane. Durant celui-ci (approximativement du ixe au xie siècle de l’ère commune), la sîra et les hadiths sont mis par écrit38,39 et des chaînes de transmission orale reconstruites40. Pour Jacqueline Chabbi : La tradition prophétique s’invente à ce moment-là, à travers ce qu’on appelle les hadiths, c’est-à-dire les paroles et les actes prêtés au prophète sur lesquels on veut calquer sa conduite. Mais c’est une figure complètement reconstruite41.

Territoire sacralisé par les musulmans qui se mettent en état d’ihram. Au moment de sa mort en 632Mahomet avait réussi à réunir toute la péninsule Arabique.

Après l’éclatement politique du premier califat, il y eut des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques furent gouvernés par un calife incapable d’unifier le monde islamique. En dépit de ce morcellement de l’islam en tant que communauté politique, les empires des califes abbassides, l’Empire moghol et les Seldjoukides étaient parmi les plus grands et les plus puissants au monde.[réf. nécessaire] Plus tard, aux xviiie et xixe siècles, plusieurs régions islamiques tombèrent sous les puissances impériales européennes. L’islam ottoman est influencé par la pensée occidentale et connaît plusieurs réformes42 tandis que naît le wahhabisme, prônant un retour aux sources43.

Bien qu’affectée par diverses idéologies telles que le communisme pendant une bonne partie du xxe siècle, l’identité islamique et la prépondérance de l’islam sur des questions politiques augmentèrent au cours de la fin du xxe siècle et le début du xxie siècle. La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation influencèrent l’importance de l’islam dans le moulage du monde du xxie siècle[réf. nécessaire].

Démographie et géographie

Carte de la distribution mondiale des musulmans, exprimée en pourcentage dans chaque pays. Données du Pew Research.

Pays ayant une religion d’État. En vert, les pays musulmans, en bleu, ceux chrétiens, et en jaune, ceux bouddhistes.

En 2015, le nombre de musulmans dans le monde est estimé à 1,8 milliard, soit 24 % de la population mondiale4. La diffusion de l’islam, hors du monde arabe, s’explique par la préférence communautaire, les migrations44 et le prosélytisme45. L’islam est aujourd’hui la religion ayant la plus forte croissance démographique46. D’après le Pew Research Center, si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, l’islam pourrait dépasser le christianisme et devenir la première religion au monde d’ici 207047. Cette croissance rapide s’explique essentiellement par un taux de fécondité plus élevé permettant un rajeunissement de la population48.

L’islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États, sous la forme de « République islamique ». Il s’agit alors officiellement de la religion d’État49. Toutefois, ces républiques ne sont pas les seules, plusieurs États mélangent le droit des anciens pays colonisateurs avec le droit religieux comme la Moudawana au Maroc[réf. nécessaire].

Il peut se produire une confusion entre Arabes et musulmans, principalement à cause de deux facteurs : l’origine arabe de l’islam et la place centrale qu’occupe la langue arabe dans cette religion. Il y a environ 422 millions d’Arabes50, dont la grande majorité est musulmaneNote 9. En réalité, seulement 20 % des musulmans vivent dans le monde arabe48. Un cinquième de ceux-ci sont situés en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie, suivie par le Pakistan51. D’importantes communautés existent au Nigeria, au Bangladesh, en Afghanistan, en Inde, en Iran, en Chine, en Europe, dans l’ex-Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a 3,3 millions de musulmans aux États-Unis (soit 1 % de la population américaine)4 et 2,1 millions de musulmans « déclarés » en France (soit 3,2 % de la population française)52 selon l’INED et l’INSEE, principalement issus de l’immigration auxquels il faut ajouter les conversions, dont le nombre est très difficile à déterminer d’autant qu’il y a des conversions en sens inverse et des apostats. Toutefois, selon l’IPSOS, la perception du nombre de musulmans est globalement surévaluée dans 40 pays étudiés53.

Au début du xxie siècle, l’athéisme est, selon certains sociologues, en forte progression dans des pays traditionnellement musulmans54. Ce phénomène s’observe principalement au Maghreb, en Egypte et au Soudan55.

Les devoirs du musulman

Tout musulman doit normalement respecter des obligations de culte pouvant prendre le nom de « piliers de l’islam » (arkān al-Islām)56. Si ces commandements sont d’origines coraniques, leur mise en place s’étend sur les premiers siècles de l’islam. Ainsi, la forme de la profession de foi (Chahada) évolue après la mort de Mahomet57 et certains aspects de la prière musulmane (salat) sont encore discutés au ixe siècle58. Épars dans le Coran, ils ne forment pas, comme par la suite, une exposition systématique des conditions de la foi. Se référant à un hadith prophétique (“L’islam est bâti sur cinq [choses]”Note 10), les écoles juridiques sunnites ont peu à peu, durant les trois premiers siècles de l’islam, formulé l’adhésion à l’islam sous la forme de 5 piliers59.

L’origine de ces différents pilier interroge les chercheurs. Ainsi, pour Amir Moezzi, on n’a d’ailleurs pas encore mesuré le poids de l’influence manichéenne en islam. J’ai l’habitude de rappeler que 4 des 5 piliers de l’islam semblent avoir des antécédents chez les manichéens : la profession de foi, les cinq prières quotidiennes, un mois de jeûne par an, l’aumône, tout cela fait partie des fondements du manichéisme et se retrouve en islam. Le chiisme sert de catalyseur et de porte d’entrée à de multiples influences qui vont ensuite imprégner l’islam parfois dans son intégralité.60. D’autres influences, chrétiennes, juives, polythéistes, ont pu être repérées dans ses obligations ou dans leurs formes61

Tronc commun : cinq « piliers de l’islam »

Chahada gravée sur une colonne dans la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie.

Article détaillé : Piliers de l’islam.

Ces cinq « piliers » (arkān) constituent la [base] de la pratique religieuse de tous les musulmans, [qu’ils soient] sunnites (90 % des musulmans5) [ou] chiites62.

1. Chahada (« déclaration de foi ») : elle représente une partie credo islamique et consiste en une phrase très brève : écouter (« أشهد أن لا إله إلا الله و أشهد أن محمداً رسول الله ») Je témoigne qu’il n’y a de véritable divinité qu’Allah et que Mouhamed est Son messager., soit la foi en un Dieu unique (tawhid), Allah, et la reconnaissance de Mahomet comme étant son prophète ;

2. Salat, l’accomplissement de la prière quotidienne et ce cinq fois par jour ;

  • الصبح (Al-Sobh)

  • الظهر (Al-Dohr)

  • العصر (Al-Asr)

  • المغرب (Al-Maghreb)

  • العشاء (Al-Ichâa)

3. Saoum, le respect du jeûne lors du mois de ramadan ;

4. Zakat, l’aumône légale envers les nécessiteux, si on est imposable : elle consiste en un prélèvement obligatoire de 2,5 % dès un seuil d’imposition de 20 dinars (évalués à 84 grammes d’or de 18 carats)20 ;

5. Hajj (« pèlerinage ») : il consiste à se rendre à La Mecque au moins une fois dans sa vie, si on en a les moyens matériels et physiques ;

Dans le kharidjisme : un sixième pilier

En plus des cinq « piliers » ci-dessus, les kharidjites (littéralement, les « sortants » ou « dissidents ») ont considéré, dès les débuts de l’islam59, un « sixième » pilier de l’islam63 :

6. Djihad (« abnégation », « effort », « résistance », « lutte » ou « combat », parfois traduit par « guerre sainte »).

Dans le chiisme : jusqu’à dix « auxiliaires de la foi »

En plus des six « piliers » ci-dessus, le chiisme duodécimain (représentant 80 % des chiites64) en rajoute encore quatre65, soit dix au total, qu’il nomme « Auxiliaires de la foi » :

7. Khoms (« cinquième du butin ») : il a été étendu par la suite à tout revenu qui ne correspond pas à un travail ou à un héritage (dons, offrandes, récompenses, primes, etc.) afin de rémunérer les savants considérés comme les héritiers des prophètes ;

8. Al Wala’ Wal Bara’ (« la loyauté et le désaveu ») : elle régit les rapports de la Oumma avec le monde extérieur : elle implique de reconnaître l’autorité des douze imams de la maison du prophète Mahomet (Ahl al-bayt) et de se désavouer de leurs ennemis ;

9. Amr-Bil-Ma’rūf Wa Nahi-Anil-Munkar (« ordonnance du bien et interdiction du mal ») : elle régit les rapports internes de la Oumma66 ;

10. Taqiya (arcane du secret67) : elle consiste initialement à dissimuler sa foi pour échapper aux persécutions religieuses : par la suite, elle sera dévoyée pour cautionner des entreprises de subversion dans le cadre de l’activisme politique : en tout état de cause, elle est volontairement passée sous silence67.

Les ismaéliens (courant minoritaire) rajoutent aux six « piliers » (arkān) : (7°) la Wilayah (« amour et dévotion pour Allah, les prophètes et l’imam ») ; (8°) la Tahara (pureté rituelle)68 ; et (9°) la Taqyia67. Par contre, les druzes (branche de l’ismaélisme) les rejettent en bloc65.

Les croyances de la foi musulmane

Allah sur le cœur.

Articles détaillés : Foi musulmane et ‘Aqîda.

La définition de la foi musulmane (إيمان, « al imân ») découle des textes du Coran ou des hadiths69. Sans être exhaustif, ces derniers définissent la croyance (ou la foi) par : La foi (imân) est que tu croies (1er) en Dieu, (2e) en Ses anges, (3e) en Ses livres, (4e) en Ses messagers, (5e) en la réalité du jour dernier, et (6e) que tu croies en la réalité de la destinée, qu’elle soit relative au bien ou au malNote 11,70.

D’autres éléments sont ajoutés au credo islamique : Quiconque dénie la croyance (en la venue) du Dajjâl, aura, certes, mécru, et quiconque dénie la croyance (en la venue) du Mahdi, aura, certes, mécru71[réf. nécessaire]. Sur la base d’autres hadiths, Ahmad Ibn Hanbal a affirmé : La Balance (des bonnes et mauvaises actions) est vérité, le pont au-dessus de l’enfer (Sirât) est vérité, la foi en le Bassin et en l’intercession du Prophète est vérité, la foi en le Trône divin, la foi en l’Ange de la mort et en le fait qu’il s’empare des âmes, puis les rend aux corps, la foi en le fait que l’on soufflera dans le cor, dans l’imposteur (Dajjâl) qui se manifestera au sein de cette nation, et en le fait que ‘Isa Ibn Maryam (c’est-à-dire « Jésus, fils de Marie ») descendra et le tuera72[réf. nécessaire].

Dans la jurisprudence religieuse, l’adhérent à l’islam est nommé mouslim (musulman, circoncis de la chair) et l’adhérent à l’imane est nommé mou’min (croyant, circoncis du cœur), sans pour autant faire de dissociation entre les deux car ces deux termes sont considérés par l’islam comme indissociables et complémentaires73,Note 12.

Dans l’islam, la croyance et la pratique, le fond et la forme, sont intimement liées. En effet, les versets coraniques décrivent souvent le croyant mou’min comme étant « celui qui croit et pratique de bonnes œuvres ». Dans la pratique, cela n’exclut pas la présence de croyants ne pratiquant pas (considérés comme « pécheurs »), ou des pratiquants ne croyant pas (considérés comme « hypocrites » par l’islam)73. Pour l’islam, les actes sont le reflet de la foi et ils ne valent que selon leurs intentions. Autrement dit, les rites sont inutiles s’ils ne sont pas accomplis avec sincérité74[réf. non conforme].

Allah

Article détaillé : Allah.

Allah écrit en arabe.

Allah (avec l’article agglutiné) est le terme sans pluriel, ni genre, utilisé par les musulmans et arabophones chrétiens et juifs en référence à Dieu, alors que le mot ‘ilāh (arabe : إله) est le terme utilisé pour une divinité, une déesse ou un dieu, en général7. L’islam croit en un dieu unique, créateur de toute chose et maître du jour du Jugement Dernier75. Le Coran ayant été rédigé en langue arabe, c’est donc naturellement le terme Allah qui est utilisé pour désigner le dieu unique, créateur, omniprésent et omniscient76. En particulier, pour se convertir à l’islam, la profession de foi islamique, appelée la Chahada, énonce : « J’atteste qu’Il n’y a pas de divinité si ce n’est Dieu (Allah) et que Mohammed est Son messager » (Ashhadu an lâ ilâha illa-llâh wa Ashhadu ana Mouhammadan Rasûlu-l-llâh)77.

Certains passages coraniques rappellent que le nom Allah désignait pour les mecquois avant la période islamique le Dieu créateurNote 13,75,78. Le terme Ilah apparaît, précédé de l’article, dans la poésie préislamique comme un nom divin impersonnel et signifie le dieu évoqué dans le contexte (déjà mentionné, par exemple…). Cette littérature montre aussi l’existence de la contraction en Allah79. Le terme Allah est attesté dans les poèmes des tribus arabes chrétiennes d’Arabie comme les Ghassanides et les Tanukhides80,81,82. Une inscription du vie siècle trouvée à Umm al-Jimal atteste de l’usage de ce nom76,83. Dans une inscription chrétienne datant de 512, les références à Allah sont en arabe et en araméen, soit « Allah » et « Alaha ». L’inscription commence par la déclaration Par le secours d’Allah84,85. Le nom Allah était donc utilisé par les chrétiens avant l’islam86.

Allah est présent dans le Coran mais ce texte n’a pas pour but d’exposer les attributs d’Allah. Il est regardé par les musulmans comme la Parole de Dieu, celui-ci y demeure inaccessible bien que ces « perfections transcendantes » soient évoquées75. Dans le Coran, certains versets montrent une description anthropomorphique d’Allah. Il a une face, des mains, des yeux… Ces descriptions ont fait l’objet de débats exégétiques et théologiques75. S’appuyant sur les hadiths d’une part et sur le tafsir de l’autre, la théologie (ou ‘ilm al-kalam), principalement d’origine mutazilite, s’est penchée sur la question du divin, de son unicité et de sa justice. La question du rapport entre l’essence divine et ses attributs est particulièrement sensible, certains traditionnistes refusant toutes recherches rationnelles75.

Anges

Article détaillé : Malaikas (anges).

Représentation d’un ange, probablement Israfel. 750-1258, époque Abbaside

Le Coran affirme l’existence des anges (croyance obligatoire pour tout musulman87,88), qui sont les ambassadeurs (arabe: ملك malak) de Dieu (comme ses homologues en hébreu, malakh, et en grec, angélos) dont ils exécutent ou transmettent les ordres.

Statuts des anges

Si le Coran présente les anges comme soumis à Allah, qu’il est catégorique quant à leur obéissance, […] il est en contradiction avec leur nature créée et leur relation à cet égard avec les Djinn et Shaytan.89. La parfaite obéissance des anges est une lecture traditionnelle des récits autour de la Création90. Certains érudits comme Tabari et Ashari ont accepté les anges déchus et ne croyaient pas à l’impeccabilité des anges. Ils soutiennent que seuls les messagers parmi les anges sont infaillibles91.

A contrario le Coran parle de la chute d’Iblis dans plusieurs sourates92. Une autre sourate est une « difficulté dans la doctrine de l’impeccabilité des anges »89. Elle fait allusion à Harout et Marout, anges déchus pour avoir succombés aux plaisirs de la chair. Selon le récit ceux-ci ont été enfermés dans une fosse et auraient enseigné aux hommes la magie93.

Les musulmans croient que les anges sont faits de lumière, ils sont par ailleurs décrits dans ce verset par exemple : “Louange à Allah, Créateur des cieux et de la terre, qui a fait des Anges des messagers dotés de deux, trois, ou quatre ailes. Il ajoute à la création ce qu’Il veut, car Allah est Omnipotent” (Coran, sourate 35, verset 1)88,94,95,96.

Parmi les anges, les archanges Gabriel (Jibrîl), Michel (Mîkâ’îl) et Raphaël (Isrâfîl)97 jouent des rôles d’une importance considérable. À leur tête, l’archange Gabriel est chargé de la révélation (coranique entre autres98) en laquelle il y a vie pour les âmes et les cœurs. L’archange Michel est chargé de la pluie en laquelle il y a vie pour la terre, les plantes et les animaux. L’archange Raphaël est chargé de souffler dans la trompe en laquelle il y a vie des êtres après leur mort99.

Existence des djinns

Articles détaillés : Djinn et Iblis.

La plupart des musulmans croient en l’existence des djinns. Divinités pré-islamiques, les djinns sont, pour l’islam, des créatures créées pour adorer Allah100. Ils sont invisibles mais sont capables de prendre forme humaine ou animale. La sourate al-jinn leur est particulièrement consacrée100. Les djinns peuvent être démoniaques ou angéliques100.

Il y a particulièrement un vif débat au sein de l’islam au sujet d’Iblis (le diable) où deux avis sont opposés sur l’appartenance de Satan parmi les djinns (êtres de feu), ou à son stade particulier d’ange déchu (être de lumière), le Coran étant contradictoire sur ce point100. Les salafistes (tenants du dernier avis) fondent leur position sur la lecture de la sourate Al-Baqara, alors que les soufis (tenants du premier avis) fondent la leur sur celle de la sourate Al-Kahf notammentNote 14,Note 15,Note 16[réf. nécessaire]. Si Iblis est présenté par le texte coranique tantôt comme un ange101, tantôt comme un djinn102, la majorité des commentateurs du Coran (le jumhûr), le considère comme un ange déchu devenu l’un des djinns103.

La nature des djinns interroge les chercheurs. Pour Reynolds, djinns et démons appartiennent au même genre et sont des anges déchus, les djinns pouvant en venir à croire. Crone considère que les djinns sont d’une espèce différente que les anges. Enfin, Dye, considère que les djinns ont été assimilés par le Coran aux démons, sans s’intéresser à leur nature réelle104. Le Coran cherche à diaboliser les djinns et les présente comme des créatures à la fois dangereuses et amorales, ce qui les rapproche des démons vus par le christianisme. La présentation coranique des djinns s’insère dans le courant chrétien de diaboliser les êtres intermédiaires, entre Dieu et les hommes104.

Écritures

L’islam reconnait plusieurs textes comme étant des textes révélés. Les plus connus sont le Coran (qour’ân) révélé à Mahomet, la Torah (tawrât) révélée à Moïse, les Psaumes (zaboûr) révélés à David, les Évangiles (injîl) révélées à Jésus14,105. Il y aussi des références aux feuillets d’Abraham et de Moïse dans le Coran106.Le Coran porte néanmoins une accusation contre les juifs et les chrétiens d’avoir falsifié leurs Écritures. Elle s’inscrit dans le prolongement du refus de ceux-ci de reconnaître Mahomet comme prophète et dans l’accusation portée contre ceux-ci d’être de mauvaise foi107. Cette accusation a une mise en place longue et la forme maximaliste d’Ibn Hasm, de réfutation systématique, est celle aujourd’hui largement répandue dans le monde musulman107. Jacques Jomier considère ces critiques comme « insoutenables scientifiquement »108,109. Selon les musulmans, le Coran est le dernier des livres révélés, car Mahomet est pour eux le dernier prophète et, de toutes ces écritures révélées, seul le texte du Coran serait demeuré intact. Le texte des autres livres révélés aurait été falsifiés sur Terre, mais préservés dans les cieux.[réf. nécessaire]

Révélation du Coran

Article détaillé : Coran.

Calligraphie de la sourate Al-Fatiha, sur une omoplate de chameau, xixe siècle.

Le Coran (en arabe : القُرْآنal-Qor’ân?signifiant « la récitation ») est le principal texte sacré de l’islam. Il contient 114 sourates, commençant par la sourate fatiha-al-kitab, « فاتحة الکتاب » (sourate-al-Hamd, « سورة الحمد ») et se terminant par la sourate Al-Nas, « سورة الناس ». Pour les sunnites, il reprend verbatim la parole du Dieu unique110. Ce livre est le plus ancien document littéraire, completNote 17 en arabe connu jusqu’à ce jour111,112. La tradition musulmane le présente comme un ouvrage en arabe « clair » ou « pur »113, avec le caractère spécifique d’inimitabilité dans la beauté et dans les idées114.

Pour les musulmans, le Coran regroupe les paroles d’Allahrévélations (āyāt) faites au dernier prophète et messager de Dieu Mahomet (محمد, Muḥammad, « le loué ») à partir de 610–612 jusqu’à sa mort en 632115 par l’archange Gabriel (جبريل, Jibrîl).

Selon les traditions, Mahomet étant analphabète jusqu’à l’âge avancé de 40 ansNote 18, il n’est pas celui qui a mis par écrit le Coran. Durant la vie de Mahomet, la transmission des textes se faisait principalement de manière orale et se fondait sur cette « récitation » qu’évoque précisément le terme qur’ān, même après l’établissement à Médine. Le terme « collecte » (jama’a) a été rendu ambigu par les lexicographes musulmans pour y rajouter l’idée de mémorisation. Cette évolution permet de résoudre des contradictions internes aux traditions et d’occulter les luttes entourant la mise à l’écrit du Coran116. Certains versets ou groupes de versets ont été occasionnellement écrits sur des omoplates de chameaux ou des morceaux de cuir, par des croyants. Il s’agit de témoignages fragmentaires et rudimentaires de la notation117,118.

Toujours selon ces traditions, peu après la mort de Mahomet (en 632), un premier recueil du Coran fut compilé sous l’autorité du premier calife et beau-père de Mahomet, Abou Bakr As-Siddiq119, qui, à la demande d’Omar ibn al-Khattâb, lorsqu’un grand nombre de compagnons ayant mémorisé le Coran par cœur furent tués à la bataille d’Al-Yamama, met le scribe du prophète Zayd ibn Thâbit à la tête d’une commission ayant pour mission de réunir tous les passages récités de son vivant afin de les sauvegarder dans un écrit déposé entre les mains de sa fille Aïcha, veuve de Mahomet.Le troisième calife, Othmân ibn Affân (644-656), à la suite de divergences de récitations survenues entre Irakiens et Syriens, aurait demandé à Hafsa de lui prêter le manuscrit en sa possession afin de fixer un texte unique et officiel à partir de cette édition et d’expédier des copies reliées dans les différentes provinces musulmanes20,120. Afin d’éliminer tous risques d’erreurs et de parer à toutes éventuelles contestations, la commission n’accepta que les écrits qui avaient été rédigés en présence de Mahomet et exigea deux témoins fiables à l’appui, qui avaient réellement entendu Mahomet réciter les versets en question121. Malgré ces efforts pour prévenir tout schisme à l’intérieur de l’islam, les kharidjites, par puritanisme, ont rejeté notamment comme apocryphe la sourate Yusuf, en ce qu’elle évoquerait en des termes scabreux la femme du Potiphar d’Égypte s’entichant du beau Joseph (Youssef dans le récit coranique) et ce, en dépit du récit biblique convergent quant à cette affaire20.

Aujourd’hui, de nouvelles approches réétudient les traditions musulmanes. Ainsi, toutes les traditions de compilation sous Abu Bakr et celle d’Othman remontent à Ibn Shihāb al-Zuhrī, mais pour François Déroche, il n’est pas totalement certain que le récit d’al-Zuhrī ne soit pas le résultat sinon d’une falsification totale, du moins d’une réécriture de l’histoire122. Les sources anciennes montrent, en réalité, une multiplicité de traditions122. L’examen de fragments, pourtant censés être postérieures à Othman, montre que l’écriture manque encore de précision. L’absence de diacritique sur toutes les lettres laisse la porte ouverte aux divergences122La nature de l’intervention du calife ‘Uthmān serait donc différente de celle que la tradition lui attribue.. Pour Amir-Moezzi, la plupart des traditions liées à la collecte du Coran naissent à l’époque omeyyade, quelques dizaines d’années après les faits quelques dizaines d’années qui comptent pour plusieurs siècles tant entre les deux époques, les énormes conséquences des guerres civiles et des grandes et fulgurantes conquêtes ont bouleversé l’histoire et la mentalité des premiers musulmans123. Pour Anne-Sylvie Boisliveau, [Viviane Comerro] revient une dernière fois, et magistralement, prouver qu’il y a eu « théologisation progressive de l’histoire du texte canonisé » : les informations transmises en Islam à propos de la manière dont le Coran a été rassemblé et fixé ont été rendues conformes au dogme définissant le Coran124.

Concernant ces questions de la rédaction du Coran, les chercheurs proposent différentes alternatives allant d’une durée de mise à l’écrit courte à partir de l’œuvre d’un seul auteur jusqu’à un travail rédactionnel collectif et tardif. Deux principaux modèles se dégagent : celui d’une « collecte » précoce du texte coranique sous le calife Othmân ibn Affân, à côté de celui d’une « rédaction » collective et progressive tout au long du viie siècle ayant abouti à une forme quasi-définitive sous le califat d’Abd Al-Malik125. Pour François Déroche (du 1er modèle), l’histoire de la vulgate coranique est donc à reconsidérer sur une plus longue durée. Si les bases en ont été jetées assez tôt, avant l’intervention du calife ʿUthmān, le rasm [litt. « tracé »] n’était pas encore stabilisé à l’époque où a été copié le Parisino-petropolitanus et ne le sera sans doute pas avant le IIe /VIIIe siècle126. En effet, ce manuscrit contient encore des variantes au niveau du rasm « qui ne sont ni conformes à celles que reconnaît la tradition, ni réductibles à des particularités orthographiques »127. Dye conclut que si certains écrits coraniques datent de l’époque du Prophète, il ne convient pas pour autant de se limiter au Ḥiǧāz du premier tiers du VIIe siècle pour comprendre l’histoire du Coran. Il y a eu une activité compositionnelle et rédactionnelle après la mort de Muḥammad. Les rédacteurs du Coran sont des auteurs (et non de simples compilateurs) qui ont pu réorganiser, réinterpréter et réécrire des textes préexistants, voire ajouter des nouvelles péricopes […]128.

Le Coran est composé de cent-quatorze chapitres nommés sourates, de longueurs variables. Chaque chapitre est connu sous un ou plusieurs titres. Ces titres proviennent soit des premiers mots du chapitre, soit d’un épisode considéré comme prégnant. Ils n’appartiennent pas à la révélation et ne figurent pas dans les premiers manuscrits coraniques connus, mais furent rajoutés par des scribes pour distinguer les chapitres du Coran129.

S’il n’y a aujourd’hui qu’un seul Coran, il existe sept lectures canoniques nommées Qirâ’at. En effet, après que le Coran a été fixé par écrit, on en a précisé ultérieurement la vocalisation et établi les règles de la psalmodie. Seules deux variantes de lectures du Coran (Qirâ’at) sont véritablement connues de la plupart des musulmans et ont fait l’objet d’une réelle diffusion dans le monde arabe : la lecture occidentale (en Afrique) ou lecture de Médine est connue sous le nom de « lecture de Warch » ; et la lecture orientale (en Asie) ou lecture de Koufa est connue, quant à elle, sous le nom de « lecture de Hafs », chaque nom étant tiré du nom du spécialiste de cette science. La différence entre les lectures tient avant tout à la psalmodie, la manière de lire, de prononcer. C’est d’ailleurs pour cela que l’on parle de « lecture ». Mais il existe aussi et surtout des différences dans le découpage des sourates en versets, autrement dit dans la « dimension » des versets, ce qui explique également les différentes modalités de psalmodie130.

La plupart des musulmans ont un grand respect pour le Coran et font les ablutions, c’est-à-dire se lavent comme pour faire les prières, avant de le toucher et de le lire131,Note 19.

Dogme de l’arabité

Articles détaillés : Arabe et Arabes.

Le dogme de l’arabité proclame que le Coran a été révélé à Mahomet dans sa langue : en une langue arabe très claire. (Coran, sourate 26, verset 195). Le deuxième terme « n’a aucun sens linguistiquement et historiquement » car « il n’y a aucune raison de penser que l’environnement dans lequel naît le Coran n’était pas, d’une façon ou d’une autre, multilingue (l’ensemble du Proche-Orient l’était) — autrement dit, il convient de reconnaître la présence de nombreuses traces de bilinguisme/multilinguisme dans la langue même du Coran »132. S’appuyant sur une recherche de Luxenberg, Gilliot traduit ce terme par « élucidé »/ « rendu clair ». Pour l’auteur, ce terme est lié au Coran qui explique/interprète/commente des passages d’un lectionnaire en langue étrangère133.

De nombreux emprunts à d’autres langues sont présents dans le Coran. Certains de ces mots étaient déjà considérés comme obscurs au viie siècle134. Elle englobe toutes les langues des pays limitrophes de l’Arabie, celles qui appartiennent à la famille sémitique : l’akkadien, l’araméen, l’hébreu, le syriaque, l’éthiopien, le nabatéen, le sudarabique, et les langues non sémitiques des Empires grec, romain et perse135. Pour Alphonse Mingana, 70 % des termes d’origine étrangère dans le Coran proviendraient du syriaque136.

Selon le récit religieux musulman, la langue arabe aurait été révélée à Adam en 29 lettres de l’alphabet. Et Mahomet de préciser que : Lâ est une seule lettre (c’est-à-dire la négation et non pas la hamza qui marque seulement un coup de glotte)137.

Bien que la traduction du Coran pose problème et soit rejetée par certains courants conservateurs « littéralistes », le Coran fut tout de même traduit très tôt, du moins partiellement. Ainsi, selon une tradition musulmane, la première sourate, la Fatiha est traduite du vivant de Mahomet par Salman le Perse afin d’être récitée lors de la prière par les PersesNote 20,138, tandis que Ja`far ibn Abî Talib, frère d’`Alî, a traduit quelques versets parlant de Jésus et de Marie en langue guèze (éthiopien classique), lorsqu’il était ambassadeur au nom de Mahomet auprès du souverain chrétien d’Éthiopie, le Négus139. Néanmoins, certaines voix se sont rapidement élevées contre tout effort de traduction coranique140. Parmi d’autres, une traduction complète en persan est, tout de même, établie en 956140.

Toutefois, après la mort de Mahomet, les courants les plus conservateurs de l’islam ont exprimé un refus catégorique de traduire le Coran considérant que la traduction n’est plus la parole de Dieu141. Le dogme du caractère inimitable du Coran, transcription écrite de la parole divine, et du caractère sacré de la lettre a longtemps servi à s’opposer aux traductions142. La traduction de ce texte ancien peut être problématique par l’absence de certitude [sur] le sens qu’avaient bien des termes utilisés par le Coran, dans le milieu où il est apparu. ou par la polysémie de certains termes. Une des traductions modernes les plus scrupuleuses, celle de l’Allemand Rudi Paret, est parsemée de parenthèses et de points d’interrogation142. Ainsi, Cuypers cite le premier verset de la sourate 96 : Lis (ou « proclame ») au Nom de ton Seigneur !, que la tradition associe à la lecture et à la proclamation du Coran. Des recherches contemporaines permettent de le retraduire en « Appelle/Invoque le Nom de ton Seigneur », reconnaissant dans ce passage un appel à la prière et non un envoi en mission142.

Dogme de l’inimitabilité

Article détaillé : Dogme de l’inimitabilité du Coran.

En réponse à ses contradicteurs, les musulmans proclame que le Coran est un miracle et qu’aucune parole humaine ne saurait le surpasser en beauté. Son inimitabilité sert le double objectif de prouver l’authenticité de l’origine divine du Coran et la prophétie de Mahomet à qui il a été révélé comme messager pour le genre humain143. Depuis le iiie siècle de l’hégire ce concept est devenu un dogme114. Le terme iʿjâz utilisé pour définir l’inimitabilité de celui-ci n’est attesté qu’à partir du ixe siècle et aucun traité ne lui est consacré avant le xe siècle144. Pour Liati, on constate que le dogme de l’inimitabilité formelle du coran est tardif et qu’il ne s’est imposé que contre des résistances très vives88.

Les bases du dogme sont présentes dans le texte coranique où plusieurs versets évoquent l’incapacité des hommes à frustrer la volonté d’Allah143. Plusieurs versets sont des défis à produire “quelque chose comme ce Coran”Note 21. “L’idée, bien entendu, est que ce défi réduirait les adversaires au silence puisque la révélation ne peut venir que de Dieu” 145. Gilliot voit dans cette défense de l’inimitabilité du Coran un raisonnement circulaireNote 22,146. D. et M.T Urvoy cite une telle critique datant du IXe siècle : “l’argument du défi, qui doit justifier le caractère divin du Coran, présuppose en fait l’acceptation de la validité de celui-ci et de son auto-qualification”147.  Selon l’apologétique musulmane, ce défi serait resté sans réponseNote 23147. Selon la tradition islamique, un certain Musaylima al-kadhdhâb a tenté, en vain, de relever ce défi, déclarant à ses compatriotes du Nejd venus le trouver pour contrer la prophétie de Mahomet : À moi aussi, l’ange Gabriel m’a apporté une sourate pareille148. Par ailleurs, un certain nombre de poètesNote 24, ont écrit des textes dépassant, selon eux, le Coran en éloquence149.Note 25. Si les traditions évoquent plusieurs cas de personnes ayant tenté de relever le défi, les « révélations » conservées sont en leur quasi-totalité […] inventées par les musulmans eux-mêmes pour critiquer ou ridiculiser les auteurs attribués150. Pour Gilliot, Le recours à la soi-disant « inimitabilité » linguistique ou thématique du Coran ne vaut que pour qui adhère à ce theologumen. Aux yeux du linguiste ou du traducteur, d’inimitabilité, point n’est151 ! Pour Maxime Rodinson, cette perfection serait culturellement ressentie par les musulmans, comme pour tout texte dont on a été bercé depuis l’enfanceLa beauté du style coranique a été contestée par ceux qui, pour une raison ou une autre, échappaient à l’envoûtement collectif152. Pour D. et M.T. UrvoyNote 26, “il n’y a de miracle coranique que pour celui qui y croit (déjà). Il s’agirait là, selon les auteurs, d’un cercle : Dieu dit que Sa parole est un miracle, le Coran est parole de Dieu, alors le Coran est un miracle (…). Ainsi, « l’argument du défi (al-taḥaddī) ne prouve rien à un non musulman s’il n’est pas déjà engagé dans la conversion à l’islam » (…)”147Theodor Nöldeke a écrit un article sur ce qui lui paraissait être des défauts stylistiques (rimes, styles, composition…) dans le Coran dont sont exempts les poèmes et les récits de l’ancienne Arabie ainsi que des irrégularités grammaticales153. Mais pour Jacques Berque, beaucoup de ce que Theodor Nöldeke impute à des vices rhétoriques n’est en fait qu’une spécificité stylistique propre au discours coranique et non pas un défaut stylistique. Pour ce qui est des irrégularités grammaticales ou ce que l’on pourrait prendre comme telles, il en admet quelques-unes comme « incontestables » mais préfère plutôt les nommer « spécificités grammaticales »154Michel Cuypers récuse ainsi l’affirmation de Nöldeke selon laquelle le fait de passer d’un sujet à un autre avant de revenir au premier sujet est une faiblesse. Il reconnait une structure non linéaire que l’on appelle la « rhétorique sémitique »155,156.

Les prophètes

Article détaillé : Prophètes de l’islam.

Les musulmans considèrent que les prophètes sont une part importante de leur foi. Pour l’islam, le prophète est à la fois quelqu’un qui proclame un message divin (sens de « prophète », nabi, en hébreu) et quelqu’un qui présente une législation (Charia)157. À la différence du prophète biblique, Mahomet ne prédit pas l’avenirNote 27, à l’exception d’un éventuel futur triomphe de l’islam. La prophètologie musulmane est proche, par certains aspects comme le concept de sceau des prophètes, du manichéisme. Pour le mutazilisme, elle est une grâce d’Allah pour ses créatures157. La prophétie coranique est avant tout la seule transmission d’une révélation158.

Mahomet, David et Salomon, Afghanistan, Hérât, 1436.

Pour l’islam contemporain majoritaire, tous les prophètes d’Allah ont fait valoir un bon comportement et une conduite exemplaire159. Ils seraient nécessairement immunisés contre la mécréance, les grands péchés et les petits péchés. Cette croyance tardive160 ne provient pas du Coran et sa mention est rare dans la Sunna. Au contraire, le Coran rapporte des péchés et des fautes de plusieurs prophètes, dont Mahomet161. De même, le Coran évoque des fautes commises par plusieurs prophètes, dont Adam, Moïse, David et Mahomet, lui-même162. Le Coran ne donc défend en rien le dogme de l’impeccabilité des Prophètes. La Sunna, elle-même, n’en contient que quelques traces162. Cette doctrine est énoncée, pour la première fois clairement, par Ibn Hanbal (855)163. Ce dogme entraînera des conflits d’interprétation lorsque la vieille exégèse (y compris dans les écrits attribués à Mahomet) heurtait ce principe d’impeccabilité164.Cette notion aurait été importée dans l’islam par le biais de l’islam chiite, à partir de l’influence des croyances orientales et a connu dans la pensée sunnite des évolutions et une mise en place longue165.  

Une succession de prophètes

Du point de vue musulman, tous les prophètes ont appelé à l’islam conçu comme la religion naturelle. Abraham est donc musulman au même titre qu’Adam, Noé, Moïse et Jésus. Paradoxalement, c’est Abraham qui partage la foi de Mahomet et non l’inverse puisque la vérité, selon le Coran, est connue dès le premier jour et dès le premier Homme, soit Adam8. Le Coran propose une histoire construite sur le principe qu’Adam aurait possédé l’intégralité du message divin mais que celui-ci se serait altéré au fur et à mesure des générations. Ces altérations ont été accompagnées de reprises par les prophètes appelant un retour au monothéisme originel. Ce schéma est devenu systématique chez les hérésiographes158. Les textes expliquent qu’Adam a inauguré la fonction prophétique, tandis que c’est par Mahomet, le dernier, qu’elle a été clôturée. Leur nombre est très grand, citons en quelques-uns : Noé (Noûh), Abraham (Ibrâhîm), Loth (Loût), Ismaël (Ismâ’îl), Isaac (Ishâq), Jacob / Israël (Ya’qoûb / Isra’îl), Joseph (Yoûçouf), Job (Ayyoûb), Shelah (Sâlih), Eber (Âbir / Hoûd), Aaron (Hâroûn), Moïse (Moûçâ), Jonas (Yoûnous), Jessé (Yâsa), David (Dâwoûd), Salomon (Soulaymân), Zacharie (Zakariyyâ), Jean-Baptiste (Yahyâ), Jésus (Issah)166. À l’inverse de la réserve biblique quant à l’usage de ce terme, le mot de « prophète » a tendance à être attribué par l’islam à toutes personnes ayant joué un rôle dans l’histoire sacrée157. Ainsi, des auteurs attribue un rôle prophétique à Dhu l-Quarnayn/Alexandre le Grand167.

Prophétie de Mahomet

Le nom de Mahomet, suivi de son titre « Messager d’Allah », inscrit sur la porte de la mosquée de Médine en Arabie saoudite.

Article détaillé : Mahomet.

Il est possible de faire une histoire des représentations de Mahomet, mais pas une biographie historique au sens moderne du terme. L’ensemble des données non islamiques sur la vie de Mahomet ne dépassent pas une page168.

Le chef religieux, politique et militaire arabe Mahomet (محمد en arabe), dont le nom est parfois aussi transcrit par Mohammed, Muhammad, etc. en français169 est le fondateur de l’islam et de l’oumma, la matrieNote 28 en quelque sorte (sans aucune idée de communautarisme, mais au contraire d’universalisme). Il est considéré comme le dernier prophète du monothéisme par les musulmans et il n’est reconnu comme prophète que par cette congrégation. Ils ne le considèrent pas comme le fondateur d’une nouvelle religion, mais pensent qu’il est le dernier d’une lignée de prophètes de Dieu et considèrent que sa mission est de restaurer la foi monothéiste originale d’AdamAbraham et d’autres prophètes, foi qui avait été corrompue par l’homme au cours du temps170,171.

Selon le Coran, pendant les 23 dernières années de sa vie, Mahomet dicte des versets, qu’il reçoit d’Allah par l’intermédiaire de l’ange Gabriel (Jibril), à des fidèles de plus en plus nombreux convaincus par ce nouveau message. Le contenu de ces révélations sera compilé après la mort de Mahomet en un ouvrage, le Coran, livre saint des musulmansNote 29. Néanmoins, L’archéologie expose que le thème de la prophétie de Mahomet est apparu relativement tard157.

Sunna et hadiths

Articles détaillés : Sunna et Hadîth.

Le Coran établit l’importance de la sunna (« voie », « chemin » ou « tradition ») de Mahomet qui est racontée par des transmissions de ses paroles, faits et gestes, approbations (y compris silencieuses)15,Note 3, récits appelés hadîths. Les hadiths sont considérés comme des exemples à suivre par la majorité des musulmans. Les écoles de jurisprudence madhhabs considèrent les recueils de hadiths comme des instruments importants permettant de déterminer la sunna, la « tradition » musulmane. Le hadith était à l’origine une tradition orale qui rapportait les actions et coutumes de Mahomet. Cependant, à partir de la première fitna, au viie siècle, ceux qui ont reçu les hadiths ont commencé à questionner les sources des paroles172. Pour les musulmans, leur crédibilité est généralement proportionnelle au crédit des témoins qui les ont rapportés. Cette chaîne de témoins est appelée isnad. Ces recueils sont, encore aujourd’hui, pris comme références dans les sujets en rapport avec le fiqh ou l’histoire de l’islam. Les hadiths dit « authentiques » sont admis par l’ensemble des musulmans sunnites[réf. nécessaire]. Comme leur nom l’indique, les sunnites considèrent les hadiths constituant la sunna comme des suppléments et des clarifications essentielles au Coran. Dans la jurisprudence islamique, le Coran contient le germe de nombreuses règles de comportement attendues d’un musulman.[réf. nécessaire].

Livres présentant des collections de hadiths

Ils sont considérés comme une source d’inspiration religieuse par les sunnites et les chiites, alors que les coranistes considèrent que le seul Coran est suffisant. Les chiites ont toutefois des réserves à l’égard des recueils sunnites car ils valident plutôt leur point de vue. Ils ont leurs propres ouvrages qui, pour Amir Moezzi, concordent davantage avec la recherche historico-critique173.

Plusieurs chercheurs ont démontré que certains hadiths sont composés d’éléments plus récents que Mahomet et qui lui ont été attribués postérieurement40 et qu’ils ont été forgés par le pouvoir califal174. Schacht considère que, de manière générale, plus une chaîne de transmission paraît « parfaite », plus le hadith est tardif. En particulier, les transmissions familiales sont des « indications positives que la tradition en question n’est pas authentique »40.

Résurrection et jugement dernier

Article détaillé : Eschatologie islamique.

Selon l’islam, un certain nombre d’événements surviennent après la mort dont les plus importants sont[réf. nécessaire] :

  • Le jour du jugement : Il surviendra après la fin du monde dont seul Dieu connaît l’échéance175. La durée sera de 50 000 ansNote 30. La terre sera une autre terre ainsi que les cieuxNote 31. Allah jugera les gens sans intermédiaire, un par un.

  • Les étapes seront :

    • La résurrection physique : elle marque le début du jour du jugement. Les gens seront ressuscités par Allah, nus et incirconcisNote 32, afin d’être jugés,

    • Le rassemblement : tous les gens seront rassemblés en un lieu pour se faire juger,

    • L’exposition des actes : chacun verra exposés ses actes, bons ou mauvais,

    • La rétribution : en fonction de leurs actes, les gens seront récompensés ou châtiés,

    • La balance : les actes seront comparés, bons contre mauvais,

    • Le pont (al-sirat) : il relie la nouvelle Terre aux abords du paradis et il sera dressé au-dessus de l’enfer dans lequel, selon l’interprétation majoritaire, les « infidèles » chuteront (ceux qui n’acceptent pas le Coran)176,

    • Le bassin (al-kawthar) : chaque communauté aura son bassin dont boiront les musulmans pieux avant d’entrer au paradis,

    • L’intercession : avec la permission d’Allah, ses prophètes, ainsi que d’autres pieuses personnes ou le Coran, intercéderont pour les auteurs de grands péchés177, qui méritent un châtiment (Tawassoul),

    • L’enfer (jahannama) : c’est un endroit dans lequel, selon l’interprétation majoritaire, seront châtiés les « infidèles »176. L’interprétation des versets coraniques relatifs à la « durée » du séjour infernal est l’objet de développements théologiques,

    • Le paradis (al-janna) : c’est une demeure de félicité éternelle réservée aux personnes unifiant Dieu, ainsi qu’aux personnes sincères,

    • La vision de Dieu : les croyants verront Allah, sans notion de distance et sans qu’il y ait un doute sur cette vision.

La majorité des musulmans croient à la question, au supplice et à la félicité de la tombe. Ceci n’est pas mentionné dans le Coran mais dans la Sunna. Selon cette dernière, après la mort, toute personne sera questionnée dans sa tombe par deux anges du nom de Mounkar et Nakir : Qui est ton Seigneur ? Qui est ton prophète ? Quelle est ta religion178 ? Les musulmans pieux répondront correctement à ces questions et auront la félicité dans leur tombe, tandis que les non-musulmans et certains musulmans désobéissants n’y répondront pas correctement et seront châtiés[réf. nécessaire].

Retour de Isâ et des Yajûj et Majûj

Articles détaillés : ʿĪsāMort d’ʿĪsā et Gog et Magog.

Selon les commentateurs musulmans, le Coran dit que ʿĪsā (Jésus de Nazareth) est un prophète comme AdamNote 33 ; qu’il n’a pas été tué ni crucifié mais qu’il a été élevé vers Dieu179 ; et qu’un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué ; certains interprètes disent que cet autre individu était Judas180,181. Plusieurs auteurs (Marx, Reynolds, Charfi, Moezzi…) estiment que le passage du Coran sur lequel se fonde l’affirmation des commentateurs musulmans est ambigu et prête à discussion182,183,184. Pour J. Chabbi, l’interprétation de la non-mort de Jésus ne se trouve pas dans le Coran mais dans la tradition185.

Dans la croyance musulmane, Jésus reviendra à la fin des temps pour tuer l’Antéchrist72. La seule mention coranique d’un retour d’ʿĪsā se trouve dans la sourate XLIII qui fait l’objet de plusieurs lectures186. Pour Pons et Hilali, Jésus juge le monde à la fin des temps. Cette tradition est particulièrement présente dans le corpus des hadiths187. Pour Reynolds, selon une tradition du début de l’islam, Jésus remettra alors l’islam en place et luttera contre les chrétiens et les juifs188. Pour ces traditions, il tuera les porcs, brisera la croix, détruira les synagogues et les églises, et tuera les Chrétiens sauf ceux qui croiront en lui186. Son retour sur terre, en tant que Massih (Messie) musulman, est le signe de la fin du monde et du Jugement dernier tandis que beaucoup de hadiths le présentent comme le principal compagnon du Mahdi, Sauveur de la fin des tempsNote 34.

Prédestination du bien et du mal

Article détaillé : Qadar.

Dans la compréhension musulmane, la prédestination du bien et du mal se rapproche du sentiment antique du fatum8. Elle consiste à croire que tout ce qui se produit dans ce monde — qu’il s’agisse des actes volontaires ou involontaires d’un individu — est prédestiné par Dieu. Ce qui arrive était déjà écrit. Les événements surviennent inéluctablement. La volonté de Dieu se réalise toujours selon sa sagesse éternelle. Ainsi, toute chose — bonne ou mauvaise — est connue de Dieu par avance, et se réalisera en temps voulu[réf. nécessaire]. Pour l’islam, la prédestination est entièrement incluse dans la notion de « destin » (al-qadr), qui est le décret établi (ajl mûsamma) par Dieu (II, 210 ; VI, 2), décret qui ne peut être ni avancé ni retardé189.

Mantran oppose la vision de Mahomet à la Mecque qui défend le libre-arbitre mais qui évolue lors de son enseignement à Médine vers une prédestination. Dès le début de l’islam, en Syrie, des musulmans se sont opposés à cette vision qui leur semble contraire au principe de jugement divin. Ils prennent le nom de qadarites. La prédestination fut défendue par le pouvoir Ommeyade qui légitimait ainsi ses actions190. Le second courant s’opposant à la predestination est le mo’tazilimes, à partir de la fin du califat Ommeyade. Ce courant aestimé que l’homme possède un libre arbitre illimité de ses actes, qu’il est le créateur de ses actes, sinon Dieu serait injuste de l’en rendre responsable190. Ce mouvement disparaît au ixe siècle191.

Du reste, il est à noter que cette question du destin est à ce point controversée au sein de la Oumma et en dehors, qu’elle a conduit l’imam Abû Hanîfa (mort en 150H/767G) à mettre en garde contre l’écueil de la mécréance en voulant aborder ce mystère : Ne savez-vous pas que celui qui examine le libre-arbitre est comme celui qui examine les rayons du soleil, plus il l’observe de près, plus il devient perplexe192. Pour Mantran, ce principe de la prédestination entraîne la négation de la liberté de l’homme, même si cela ne nie pas, pour les théologiens sa responsabilité193.

Les grands courants théologiques de l’islam

Article détaillé : Courants de l’islam.

Les musulmans se partagent en trois branches principales : le sunnisme rassemble environ 90 % des musulmans5, le chiisme environ 10 %, l’ibadisme (division du kharidjisme) moins de 1 %194.

Principaux courants de l’islam.

Carte des pays où les musulmans représentent plus de 10 % de la population. En vert, les pays à majorité sunnite, en violet, ceux à majorité chiite, et en noir, ceux à majorité ibadiste.

L’islam naît dans un contexte de violences importantes et de repressions, cycle qui durera jusqu’au IIIe siècle. Le conflit “matriciel” est celui de la succession de Mahomet, principalement entre les partisans d’Abu Bakr et ceux d’Ali. Pour les sunnites, Mahomet n’aurait désigné personne pour lui succéder, tandis que pour les chiites, Ali aurait été explicitement désigné195. Cette question de la succession apparaît comme une “ligne de fracture majeure de la umma originelle”196.

Le sunnisme

Article détaillé : Sunnisme.

Le sunnisme (de sunna, « voie », « chemin » ou « tradition ») est le courant de loin le plus répandu. 90 % des musulmans sont sunnites5. Il est apparenté à une vision orthodoxe de l’islam197.

En 2016, un congrès, inauguré par le grand imam de l‘AzharAhmed al-Tayeb, rassemblant 200 personnalités sunnites du monde entier, s’est réuni dans le but de définir l’identité de ceux qui se font connaître comme ahl as-sunnah wa l-jamāʻah (arabe : أهل السنة والجماعة ; « les gens de la tradition de Mahomet et du consensus de la oumma ») ou, pour faire court, ahl as-sunnah (أهل السنة ; « les gens du sunnisme ») par opposition aux différents groupes considérés égarés.[réf. nécessaire]

À l’issue de leurs travaux, les dignitaires sunnites sont convenus que les gens du sunnisme sont :

Tout un chacun peut donc s’identifier plus ou moins à une école juridique (madhhab). Il y en a aujourd’hui quatre, mais il y en a eu d’autres dans le passé. Ce sont, dans l’ordre de leur apparition : le hanafisme (d’Abû Hanîfa, 700-767) ; le malikisme (de Mâlik ibn Anas, 712-796) ; le chaféisme (d’Al-Chafi’i, 768-820) ; le hanbalisme (d’Ibn Hanbal, 781-856). Ces écoles s’acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de solutions juridiques (fatwa), mais partagent fondamentalement les mêmes croyances (‘aqîda) qui sont, soit acharites, soit maturidites. Elles ne s’accordent que sur quatre sources de droit : 1° le Coran, livre censé être révélé par Dieu ; 2° la Sunna, tradition de Mahomet constituée essentiellement de ses paroles (hadiths) ; 3° le consensus juridique (ijmâ’) ; et 4° l’analogie juridique (qiyâs).

Le soufisme

Les soufis croient que le Coran a deux niveaux de signification ; le zahir, sens externe ou apparent ; et le batin, sens interne ou caché.

Articles détaillés : Soufisme et Haqiqa.

Un marabout et son chapelet.

Le terme « soufi » apparaît pour la première fois dans la seconde moitié du viiie siècle de l’hégire pour désigner des ascètes, des sages, des mystiques musulmans qui prient, jeûnent, portent des vêtements blancs rugueux (l’arabe sûf, signifie « bure », « laine »), car les premiers ascètes musulmans furent ainsi désignés à cause des vêtements de laine qu’il portaient ; ils peuvent porter le muruga, manteau fait de morceaux rapiécés symbolisant le fagr, c’est-à-dire l’illusion du monde199. Le mot « soufisme » serait tiré de al-souf (ﺻﻮﻑ [ṣūf], « laine » qui donne صوفيّ [ṣūfīy], « laineux ») ; c’est ce que retient en tout cas l’historien Ibn Khaldoun. Le soufi portait en effet un vêtement de laine blanche censée apporter de la sagesse aux regards. La modestie et la pauvreté sont évoquées dans d’autres noms donnés à certains d’entre eux : derviche (persan : درويش [derwiš], « mendiant ») ou [faqīr] (en arabe: فقير, « pauvre »). René Guénon ajoute que le sens premier et fondamental du mot « soufi » est donné par l’addition des valeurs numériques des lettres dont il est formé. Le mot soufi a le même nombre que El-Hekmah el-ilahiyah, c’est-à-dire la « Sagesse divine » ; le soufi véritable est donc celui qui possède cette sagesse, ou, en d’autres termes, il est el-ârif bi’llah, c’est-à-dire « celui qui connaît par Dieu », car Dieu ne peut-être connu que par Lui-même200.

Les docteurs de l’islam (oulémas) ont défini le soufisme (en arabe : تصوف [taṣawwuf], initiation200) comme une science dont l’objectif est la réparation du cœur afin de le détourner de tout autre que Dieu201. En effet, Allah étant décrit dans un hadith comme un dieu jaloux202, l’amour tient une place centrale dans l’enseignement soufi. Les plus illustres ouvrages sur ce sujet sont : Le Traité de l’amour d’Ibn Arabi et Le Livre de l’amour de l’imam Al-Ghazâlî. Pour Ibn Arabil’amour ne tolère pas l’association et cela seulement si l’essence de l’amant est une et indivisible202. Et citant une formule : Le soufisme ce n’est rien de plus que les cinq prières et l’attente de la mort203. Pour René Guénon, reprenant à son compte une autre formule : Si les chrétiens ont le signe de la croix, les musulmans en ont la doctrine204. Ainsi, le soufisme est, pour ses adeptes, la dimension mystique intérieure de l’islam. Il peut être considéré comme un enseignement ésotérique de l’islam sunnite et un mouvement mystique et ascétique ayant influencé les dissidences chiites. Il connaît son apogée à Bagdad entre 750 et 950 sous le califat abbasside. Le soufisme est donc suivi par certains musulmans ; ceux-ci sont alors appelés soufis.[réf. nécessaire]

Les soufis se font connaître, quant à eux, comme Ahl al-soufa (أَهلُ الصُّفَّةِ [ahl aṣ-ṣuffa], « les gens du banc » en référence à ceux qui vivaient dans la Mosquée du Prophète à Yathrib (Médine), et qui furent mentionnés dans le Coran comme la compagnie de ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir désirant Sa face205. Les soufis considèrent généralement que suivre la loi (charia) ou la jurisprudence islamique (fiqh) n’est que le premier pas sur le chemin de la soumission parfaite. Ils se concentrent sur des aspects internes ou plus spirituels de l’islam, comme la perfectibilité de la foi ou la soumission de l’ego (nafs). Les soufis cherchent à atteindre le fana (extinction du « moi » devant Dieu l’Unique) selon trois degrés ou étapes :

  • l’islam (proprement dit) ; la soumission à la charia ;

  • l’imane (qui est un don de Dieu) ; la foi par la tariqa ;

  • l’ihsane (qui est le but de la voie) ; l’excellence morale ou vertu dans la haqiqa206.

La plupart des ordres soufis (tariqas) se rapprochent, soit du sunnisme, soit du chiisme. On les rencontre dans tout le monde islamique, du Sénégal jusqu’à l’Indonésie.[réf. nécessaire]

La souffa : l’abri pour dormir

Selon Moktar Chakroun, la « souffa » (à l’origine du mot français « sofa ») était un endroit ombragé de palmes à l’extérieur de la cour de la mosquée du Prophète à Médine, une place ombragée adossée au mur de la mosquée par l’extérieur, où venaient se réfugier les pauvres et les sans-abris par temps pluvieux. Par la suite, c’était une chambre située au fond de la mosquée et réservée à l’hébergement des pauvres207.

La zaouïa : le coin pour étudier

Une zaouïa aux côtés des murs de la ville de Kairouan en Tunisie dans le début du xxe siècle.

Article détaillé : Zaouïa (édifice religieux).

Dans un premier temps, ce terme désigne un emplacement ou un local réservé à l’intérieur d’une structure plus vaste où les soufis (mystiques) pouvaient se retirer comme le laisse entendre le sens de la racine du mot arabe (angle ou recoin).

Par la suite, le mot désigne un complexe religieux comportant une mosquée, des salles réservées à l’étude et à la méditation ainsi qu’une auberge pour y recevoir les indigents. On y effectue les pratiques spirituelles et on y enterre les saints fondateurs des confréries soufies.

La confrérie soufie (رابِطة [rābita]) se regroupe dans un ribat (رِباط [ribāt]) parfois fortifié. Au Maghreb, ces confréries se sont développées dans le cadre urbain sous la forme des zaouïas. Les membres de ces confréries se font parfois appeler marabouts (مَرْبوط [marbūt] ou مُرابِط [murābit], « celui qui est attaché »).

Le salafo-wahhabisme

Articles détaillés : Salafisme et Wahhabisme.

Le « wahhabisme » est une voie de l’islam, fondée par Mohammed ben Abdelwahhab, se réclamant de l’islam sunnite hanbalite et se présentant comme le précurseur du réformisme salafiste. Pour ses adeptes, ce mouvement représente la revivification du salafisme. Pour ses contradicteurs, c’est plutôt une énième faction kharidjite208. En effet, il est à noter qu’avant de se fondre dans la masse musulmane sunnite, la dynastie saoudienne (qui ne descend pas de la tribu de Quraych) se singularisait déjà par une confession minoritaire, le kharidjisme209,210. Du reste, les salafistes djihadistes sont souvent qualifiés de « takfiristes » ou de « kharidjites » par leurs adversaires musulmans (chiites et sunnites), qui les accusent, entre autres, d’innover un « sixième » pilier de l’islam avec leur « djihad » armé. Des termes récusés par les salafistes211 qui retournent la pareille (appellation polémique de kharidjite) en forme d’excommunication (takfir) de leurs contradicteurs musulmans212.

Une des estimations les plus détaillées de la population religieuse dans le Golfe Persique est celle de Mehrdad Izady qui estime, en utilisant des critères culturels et non confessionnels, à moins de 5 millions le nombre de salafistes ou wahhabites dans la (seule) région du golfe Persique (contre 28,5 millions de sunnites et 89 millions de chiites)213,Note 36 ; dont environ 4 millions en Arabie saoudite (surtout dans la région centrale du Nejd) et le reste provenant majoritairement du Qatar et de l’émirat de Charjah213. 46,87 % des Qataris213 ; 44,8 % des Émiratis213 ; 5,7 % des Bahreïnis ; et 2,17 % des Koweïtiens sont wahhabites213. Ils représentent environ 0,5 % de la population musulmane dans le monde214.

En 2016, le congrès de Grozny déclare que le wahhabisme ne fait pas partie du sunnisme215,198,216. Ce congrès réitère ainsi la mise au ban de l’oumma de Mohammed ben Abdelwahhab prononcée dès le milieu du xviiie siècle par les shérifs et les muftis de la Mecque, avalisant alors une réfutation contre « l’égaré qui égare » intitulée : Le Livre de la prévention de l’égarement et de la répression de l’ignorance, et rédigée par le théologien hanbalite Souleyman ben Abdelwahhab (qui n’est autre que son propre frère)217.

Le chiisme

Mosquée de l’imam Husayn à Kerbala, en Irak. On distingue aussi deux longs minarets de la mosquée Al Abbas sur la photo.

Article détaillé : Chiisme.

Le chiisme est divisé en différentes branches, dont les principales sont le chiisme duodécimain (branche la plus importante), le zaïdisme et l’ismaélisme218. Opposé à ce que la qualité de calife soit conférée à tout autre qu’à un descendant d’Ali, le chiisme se distingue du sunnisme par le rôle assigné aux imams, par une interprétation souvent mystique du Coran, par ses propres lieux saints, en plus de ceux commun au sunnisme, et par des croyances spécifiques (Amour pour l’Ahl al-bayt, famille du Prophète ; Passion de l’imam Al-Husayn, assassiné à Kerbala ; retour de l’imam « caché »). Chaque branche accepte différents descendants d’Ali ibn Abi Talib, cousin de Mahomet, comme imams. Après la mort de l’imam Ja’far al-Sâdiq qui est considéré comme le sixième Imam par les chiites duodécimains et les ismaéliens, les ismaéliens reconnaissent son fils Ismaïl ben Jafar comme son successeur alors que les chiites duodécimains suivent son autre fils Musa al-Kazim comme le septième imam. Les zaïdites considèrent, quant à eux, Zayd ibn Ali, l’oncle de l’Imam Jafar al-Sadiq, comme leur cinquième imam, et suivent donc une autre ligne de succession après lui.

Chiisme duodécimain

Article détaillé : Chiisme duodécimain.

Les duodécimains sont ceux qui croient en la venue de douze imams. Ils représentent 80 % des chiites64. Les duodécimains sont majoritaires en Iran, en Irak, en Azerbaïdjan, à Bahreïn et au Liban.

Alévisme

Article détaillé : Alévisme.

Rattaché au chiisme duodécimain, l’alévisme constitue une importante minorité religieuse en Turquie (env. 15 millions, dont 5 millions de Kurdes). Au sein de l’Islam, les Alévis représentent un courant particulier issu du chiisme, déiste et gnostique, fortement attaché à la laïcité de l’État. L’alévisme se veut comme étant la voie originelle et universelle de l’Islam, rejetant le dogmatisme, et insistant sur la dimension spirituelle de la pratique religieuse, à l’instar de la mouvance soufiHaci Bektas Veli, fondateur de l’ordre Bektachi qui contribua à l’islamisation de l’Anatolie au XIIIe siècle, est une figure importante dans l’alévisme.

Chiisme septimain (ou ismaélien)

Article détaillé : Ismaélisme.

Les septimains sont « ceux qui croient en la venue sept imams ». L’ismaélisme (arabe : al-Ismā’īliyya, الإسماعيلية ; persan : اسماعیلیان ; sindhi : اسماعيلي ; kurde : Ismaili ; Esmā’iliyān) est une branche de l’islam chiite. Les ismaélites tirent leur nom de leur acceptation d’Ismaïl ben Jafar comme le successeur spirituel désigné à l’imam Ja’far al-Sâdiq, ce en quoi ils diffèrent des duodécimains, qui acceptent Musa al-Kazim, frère cadet de Ismaïl, comme le vrai Imam.

Chiisme quintimain (ou zaïdisme du Yémen)

Article détaillé : Zaïdisme.

Les quintimains sont « ceux qui croient en la venue de cinq imams ». Le zaïdisme (arabe : الزيدية, az – Zaydiyya) est la plus ancienne branche de l’islam chiite qui a émergé au début du viiie siècle. Elle est nommée d’après Zayd ibn Ali, le petit-fils d’Al-Hussein ibn Ali. Les adeptes de l’école juridique (quasi-école de droit sunnite219) sont appelés zaydites et représentent environ 35-40 % des musulmans au Yémen220. En dehors de la question éminemment politique du califat, ils suivent un rite presque identique au rite hanafite pour la jurisprudence islamique et sont en général mutazilites pour la théologie221.

Le kharidjisme

Ghardaïa, la vieille ville ibadite en Algérie.

Articles détaillés : Kharidjisme et Ibadisme.

Mosquée wahhabite sur l’île de Djerba en Tunisie.

Le kharidjisme se divise à son tour en diverses communautés et tendances (sufritesibadites, etc.). De nos jours la seule tendance kharidjite qui ne s’est pas éteinte ou marginalisée est l’ibadisme (tendance quiétiste proche du sunnisme222). Il se retrouve dans le sultanat d’Oman (qui pratique un ibadisme d’État), et dans quelques régions du Maghreb très localisées : en Algérie (chez les Berbères de Ghardaïa) et en Tunisie (île de Djerba).

Autres courants théologiques, sociologiques, idéologiques ou politiques liées à l’islam ou dérivant de l’islam

Article détaillé : Mutazilisme.

Un quatrième courant, qui s’est éteint au Moyen Âge, le mutazilisme, est une école théologique rationaliste, en conflit avec le sunnisme naissant ; il est apparu à la fin du califat omeyyade, au milieu du viiie siècle, et a été éradiqué au xie siècle par le sunnisme, en particulier par les acharites (disciples d’Al-Ach’ari 873-935, lui-même un ex-mutazilite) qui sont parvenus à venir à bout de son rationalisme jugé abusif, car il voulait tout submerger223. Cette école, dont des textes ont été redécouverts au xixe siècle, connaît une petite résurgence depuis cette date chez certains intellectuels, notamment en raison de ses conséquences politiques et de ses liens avec la démocratie224. Cependant, le mutazilisme a perdu tout crédit populaire à la suite de l’inquisition musulmane du calife Al-Ma’mūn pour imposer sa doctrine et ne récolta plus en retour que haines et persécutions223.

Pour compléter la présentation de la religion musulmane, on ne peut éluder les pratiques populaires de l’islam. Souvent issues de syncrétismes avec les religions préislamiques, elles sont encore très présentes dans les sociétés rurales traditionnelles, qui mélangent animisme, culte des ancêtres, et religion révélée, s’exprimant essentiellement, en ce qui concerne l’islam, à travers des « confréries musulmanes ». Ces mouvements ou confréries s’apparentent grossièrement aux ordres religieux chrétiens non cloîtrés. Certains sont condamnés par l’islam qui les trouve hétérodoxes et réinstauratrices des vestiges archaïques de croyances superstitieuses. Il faut également mentionner l’apparition, au xxe siècle, des musulmans réformés ou libéraux qui visent à un aggiornamento général.

Organisation

Le califat

Dinar (en or estampé) du cinquième calife fatimide al-Aziz (r. 365-386 H / 975-996 J.-C.), frappée à Mahdia en 380 H / 990 AD. Conservé au musée archéologique d’Aqaba, Aqaba, Jordanie. Diamètre : 18 mm, poids : 4 g.

Article détaillé : califat.

Les califes (arabe : خليفة signifiant « lieutenant », « successeur » ou « représentant ») désignent les successeurs de Mahomet. Le porteur du titre a pour rôle de sauvegarder la religion et de gérer le du monde d’ici-bas225: c’est le dirigeant temporel et spirituel de l’Oumma, la « matrieNote 28 », les musulmans doivent lui obéir225.

Le Coran fait la distinction entre les deux termes Imamat et Califat, le premier ayant une fonction de direction, le second signifiant le successeur (dans un sens non-obligatoirement politique). La pensée politico-religieuse musulmane ira vers une confusion des deux termes et l’usage du second pour désigner celui qui dirige la communauté226. Les penseurs musulmans des premiers siècles ont construit la figure du calife, comme pouvoir et autorité. Ce statut conserve des traces des représentations moyen-orientales anciennes, du souverain comme intermédiaire entre le ciel et la terre226. La pensée du calife s’est développé primitivement dans le monde chiite, et”la théorie sunnite n’a pas été précisée dans toute son ampleur avant le 4e/xe siècle”225. Elle se construit en réaction à ces autres théoriesNote 37225. Le droit du califat se caractérise par une quasi-inexistence de sources dans le Coran ou la Sunna225.

Mahomet est mort sans désigner de successeur. A sa mort, une grande violence a éclaté entre les différents partis même si la tradition sunnite a cherché à l’atténuer. Elle chercha a présenter les faits de manière consensuelle, tandis que la recherches islamologique remets sérieusement en doute ce prétendu “consensus”. Rapidement, Abu Bakr pris le dessus sur Ali, l’autre concurrent227. Le titre khalifat rasul Allah, signifiant « successeur du messager de Dieu » est devenu le titre courant mais est absent des premiers graffiti trouvés228. De même, si la tradition fait d’Omar ibn al-Khattâb le premier à porter ce titre, un graffito de 644-645 ne lui donne ni le titre de calife (khalîfa), ni celui de Commandeur des croyants229. Sur les monnaies, ce dernier titre semble avoir été introduit par le calife Muʿāwiya et on la trouve, par exemple, sur une monnaie de 674230.

Un différend politique entre sunnites et chiites conduit le califat à se diviser en deux visions très distinctes : l’une élective, l’autre héréditaire. Les premiers considèrent que le calife doit être élu pour ses qualités morales et islamiques, mais appartenir à la tribu de Quraych (tribu de Mahomet dont le monopole est récusé par les kharidjites)231. Les seconds considèrent que seul un membre de la tribu de Quraych et de la famille de ‘Alî peut prétendre à ce titreNote 38225. Les sunnites ne reconnaissent que les califes Abou Bakr As-SiddiqOmar ibn al-KhattâbOthmân ibn AffânAli ibn Abi TalibAl-Hassan ibn Ali232 et Omar ibn Abd-al-Aziz233 comme « bien guidés » ou « bien inspirés » par Dieu. Selon les traditions musulmanes, la période préalable au califat Ommeyades est composée de la succession de plusieurs califes surnommé “rachidoune”. Ce récit se lit comme un édifice narrative et pour el-Hibry comme une parabole. Selon Humphrey, ce récit datant du IXe-Xe siècle est construit selon un principe de pacte-trahison-rédemption234. Le califat rachidoune est donc une construction abbasside permettant de rêver un âge d’or, bien que les recherches permettent d’attester qu’un fond historique existe. La notion de rachidoune, de califes « bien guidés », date elle-même du IXe siècle. Les premières listes califales, issues de textes syriaques de l’époque omeyyade, ne citent pas Ali comme calife, en cohérence avec la pensée omeyyade234.

En 1517, le califat passe aux Ottomans.

Après les quatre premiers califes (Abou BakrOmarUthman et Ali ibn Abi Talib), le titre a été revendiqué de manière controversée par les Omeyyades, les Abbassides et les Ottomans, ainsi que par d’autres lignées en Espagne, en Afrique du Nord et en Égypte. La plupart des dirigeants musulmans portaient simplement le titre de sultan ou émir, et prétaient allégeance à un calife qui avait souvent peu d’autorité. Le titre n’existe plus depuis que la république de Turquie a aboli le califat ottoman en 1924235. Alors que le califat a été un sujet de discorde entre dirigeants musulmans, il a été peu évoqué depuis 1924. “L’idéal musulman aujourd’hui ne semble pas être celui de former de nouveau une communauté monolithique, fermée aux résonances extérieures, ayant à sa tête un chef spirituel et temporel qui jouerait le rôle de calife comme aux plus belles heures du califat”236.

La charia

La roue du Paon, symbole de la charia.

Articles détaillés : chariaijtihad et Droit musulman.

La charia (littéralement, le chemin vers une source237 ou le chemin menant à l’abreuvoir238) est la loi islamique comprenant l’ensemble des obligations procédant du Coran et de la Sunna239. Dans le Coran, il existe seulement trois occurrences de terme dérivés de la racine sh-r-‘. Néanmoins, la prégnance des impératifs dans ce texte et la position de soumission qu’il impose à ses destinataires explique l’importance de cet aspects, tant pour les sunnites que pour les chiites240. Il est à noter que le mot « charia » est employé à la même époque, en arabe, pour désigner la Torah, appelée alors la « charia de Moïse ». Il est également employé par les Arabes chrétiens pour désigner l’Évangile, appelée la « charia du Messie »241.

Mise en place de la charia

Depuis la Constitution de Médine, la charia (de Mahomet) n’a cessé de s’amplifier. Selon Yadh ben Achour242, il est inexact de penser que la charia est inerte et immuable. Elle évolue en fonction des changements de conjonctures diplomatiques et sociologiques. Y voir un système condamné à la pure stagnation est faux. Ben Achour cite ainsi de nombreux exemples d’adaptations de la charia dans une analyse rigoureusement scientifique242. Elle embrasse tous les aspects de la vie individuelle et collective des musulmans239. Si le Coran possède versets législatifs sur les actes cultuels, sur le droit familial…, il n’est pas exhaustif et est souvent peu clair240. Deux théories musulmanes expliquent l’origine de la sharia. La première est que la sharia est constituée de choses profitables à l’homme, intelligibles par la Raison. La seconde fait de la sharia une volonté divine, déniant toute rationalité à cette loi. Paraissant indéfendable de nos jours, cette seconde n’a presque plus de partisans. Néanmoins, elle correspond mieux au cadre de la théologie sunnite, la plus représentative jusqu’à nos jours240.

“L’idée s’est progressivement imposée que l’empire de la sharia était absolu : tout acte humain, du plus anodin au plus lourd de conséquences, a une qualification sharaïque, et il appartient aux légiste de la communauté, les fuqahâ’, de la découvrir”240. Cette vision qui s’est imposée n’a pas toujours fait l’unanimité et certaines sphères pouvaient, pour certains penseurs, être hors du champ de la sharia. “La représentation tellement répandue selon laquelle l’islam ne distingue jamais le sharaïque du politique ni, plus généralement, le religieux du profane n’est pertinente que pour un certain islam, historiquement assez tardif, devenu majoritaire de nos jours”240.

Toutefois, depuis le xie siècle, la pensée juridique islamique s’est cristallisée avec la fermeture des « portes de l’ijtihad » (c’est-à-dire « l’effort de réflexion ») par le calife abbasside Al-Qadir (craignant de voir son pouvoir menacé par des juristes indépendants) en vertu d’une ordonnance intitulée : Le Message sur le Destin (Risâla al-qâdiriya)Note 39,243. Eric Chaumont considère qu’il vaut mieux parler d'”étranglement de ses voies”, l’itjihad n’étant pas un instrument de mise à jour des statuts sharaïques240. Si cette fermeture, qui n’était en rien une prescription divine, fut toujours contestée par de nombreux oulémas tels qu’Ibn Hazm (994-1064) ou As-Suyuti (1445-1505), elle perdure, de fait, par paresse intellectuelle ou par impéritie244,245. Selon des recherches conduites par le Réseau international de solidarité WMUML en 2011 sur les lois dites islamiques (dénommées à tort charia)246, il s’avère qu’en réalité, elles seraient basées sur la tradition et la coutume. Le terme charia est instrumentalisé par les autorités religieuses ou gouvernementales du pays afin de leur donner une soi-disant légitimité religieuse, mais avant tout pour établir, réétablir ou renforcer le patriarcat de la société247.

Selon Alain Besançon, le musulman croit à la perfection de sa Loi. De son point de vue, elle est modérée et tient le juste milieu, c’est-à-dire le chemin raisonnable de la vertu. Elle lui apparaît comme plus adaptée à la nature humaine que la loi chrétienne (notamment en matière de sexualité) et comme marquant par rapport à la loi juive, dont elle reprend bien des articles (cf. code deutéronomique), un adoucissement considérable (notamment en matière alimentaire), l’interdiction du vin (à raison des troubles sociaux générés) étant l’un des rares points où elle se montre plus sévère8.

Hiérarchie des normes

La charia est, chez les sunnites, codifiée dans le cadre des quatre écoles juridiques : (1°) hanafite, (2°) malikite, (3°) chaféite, (4°) hanbalite239Note 40. Ces écoles sont plus ou moins proches les unes des autres. Les hanafites possèdent cependant une approche à part de la sharia240. Dans le chiisme, les deux principales écoles ont longtemps été les akhbari, pour qui les traditions sont sources du fiqh, et les usûlî qui utilisent davantage le raisonnement. A l’époque moderne, ces approches se sont développées en intégrant les enseignement de la philosophie perso-islamique240.

Elles ne s’accordent que sur la hiérarchie suivante :

  • Le Coran est la source première de la jurisprudence islamique (fiqh)248 ;

  • La sunna est la deuxième source de droit248. Elle n’est pas un texte en soi comme le Coran, mais signifie l’ensemble des actes et des dires du prophète. Elle a été rassemblée et classée par les docteurs dans plusieurs œuvres. Deux ouvrages compilent les hadiths dits “authentiques” : le « Sahîh » d’Al-Bukharî qui est tenu, par les musulmans, pour le livre le plus sûr après le Coran, et celui de Muslim. Mais les salafistes prennent aussi en considération de récents travaux d’authentification de hadiths de l’imam Al-Albani au xxe siècle.

  • La troisième source est le consensus (’ijmâ’) des oulémas de tous les pays, à une époque donnée, sur le fondement coranique du verset 115 de la sourate An-Nisa condamnant la dissidence d’avec Mahomet et celui de son hadith exhortant explicitement les musulmans à suivre le consensus communautaire249,250 ; Cette source qui est parfois utilisée jusqu’à affecter le Coran est considérée par les légistes comme le “plus forte des preuves”. Néanmoins, aux fondements théoriques fragiles, elle a été contestée un temps240.

  • La quatrième source est l’analogie (qiyâs : القياس, littéralement « la mesure ») qui permet de tirer le jugement d’une chose pour laquelle il n’y a pas de législation à partir du jugement sur une chose analogue251.

La question du djihad

Article détaillé : Djihad.

Le mot « djihad » (جهاد en arabe)252 signifie « abnégation », « effort », « résistance », « lutte » ou « combat », voire « guerre sainte ». Il désigne un devoir religieux pour les musulmans. Marie-Thérèse Urvoy a réalisé une analyse détaillée de l’usage du mot jihâd dans le Coran. Elle relève que 41 occurrences à la racine de ce mot s’y trouvent, dont 6 correspondant à des sens particuliers : serment solennels (5 fois) et trouver le nécessaire). Dans 16 cas, [l’occurrence] apparaît dans un sens vague et imprécis de « mener combat pour Dieu », avec une unique référence explicitement non violente.253 On peut admettre que parmi les mentions coraniques vagues, certaines évoquerait un “grand djihad” intérieur, “mais il est illégitime d’affirmer que le jihad coranique est uniquement spirituel”253.

Le djihad a été théorisé au VIIIe siècle254 et a évolué tout au long de l’histoire255. La notion de Djihad naît dans un climat de conflit armé, en partie du vivant de Mahomet mais probablement aussi au cours des conquêtes musulmanes255. Elle s’accompagne de la division du monde entre un dār al-islām (territoire de l’islam) et dār al-ḥarb (territoire de la guerre). Les omeyyades possède une place particulière dans l’essor de la notion de djihad255. Le droit musulman défini le djihad et ses conditions. Il est principalement divisé en quatre ensembles, celui contre les infidèles, celui contre les apostats, celui contre les rebelles et celui contre les brigands253. Pour les chiites (littéralement, les « partisans »), le djihad ne peut être décréter que par le Mahdi63. Pour les kharidjites (littéralement, les « sortants » ou « dissidents »), le djihad serait le « sixième » pilier de l’islam63.

Sous sa forme offensive, elle vise à étendre le domaine de l’islam. Cette approche a été utilisée, par exemple, lors de l’expansion de l’empire ottoman. Elle est pensée comme une « obligation collective »256. Sous sa forme défensive, il consiste pour les musulmans à défendre leur religion, leurs personnes, leurs biens, leurs frontières, au besoin jusqu’au sacrifice de leur vie257. Il s’agit, pour chaque croyant, d’une « obligation individuelle », “dont la prolifération incontrôlée marque le monde musulman depuis la dernière décennie du xxe siècle256.

Une distinction a été faite, au IXe siècle258, entre deux djihad-s, l’un externe, guerrier (dit le petit djihad) et l’autre interne, spirituel (dit le grand djihad). Pour Bonner, la seconde a longtemps été prédominante255. Pour M.T. Urvoy, la fin des conquêtes islamiques (IXe siècle) a été à l’origine de spéculations sur un “Grand djihad”, effort intérieur, qui n’a jamais supplanté l’aspect guerrier253. Classiquement, on distingue quatre types de djihad : par le cœur, ou par la parole, ou par la plume, et par l’épée259,260 ; les trois premiers constituant une obligation individuelle (fard ayn), le dernier constituant une obligation collective (fard kifaya)261.

Il ne faut pas non plus confondre le « djihad » avec le « djihadisme », ce terme désignant une doctrine islamiste encensant le djihad armé258. Ce mouvement est très hétérogène mais est caractérisé par un “focus singulier” sur l’aspect violent du djihad262. Ces mouvement ont utilisé les attentats et les attentats-suicides, pourtant expressément interdits par le Coran au titre du suicide263. L’origine des attentats-suicides reste, à ce jour, incertaine. Selon Ehud Sprinzak, les attentats-suicides seraient à mettre en relation avec les assassinats perpétrés par la secte chiite des haschischins (littéralement, « mangeurs de haschich », afin de faire croire aux pressentis qu’ils sont d’ores et déjà au Paradis ; à l’origine du mot « assassin » en français) au xie siècle. Au xviiie siècle, le suicide de l’« assassin », déjà associé au martyr, est utilisé par des communautés musulmanes de la côte de Malabar en Inde en lutte contre les Européens264Note 41. Selon Noah Feldman et Denis MacEoin, depuis 1983Note 42, l’attentat-suicide a pénétré la conscience culturelle islamique (dit Feldman) sous couvert de djihad « musulman » et subséquemment, de culte des martyrs (chahid), ce qui a permis sa banalisation malgré l’interdiction coranique du suicide, et autorisé par la suite des musulmans (sunnites ou chiites) à perpétrer des attentats-suicides265,266.

Clergé

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Lancement de l’Adhan à Médine.

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Récitation de la Sourate Al-Fatiha à La Mecque.

L’islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses et différentes fonctions parmi ses fidèles. Il est possible de citer :

  • Le muezzin fait l’appel à la prière ;

  • L’imam dirige la prière ;

  • Le recteur de la mosquée dirige la mosquée ;

  • Le cheikh est un chef de clan ou tribu ;

  • Le mufti (arabe : مفتي) est un jurisconsulte. Lorsque des musulmans sont divisés sur un sujet particulier, souvent face à des contradictions de fatwas, ils peuvent solliciter son arbitrage pour obtenir des éclaircissements sur l’interprétation de la charia ;

  • Le faqih (arabe : فقيه) est un maître en droit musulman ;

  • Le mouhaddith est un spécialiste du hadith ;

  • Le cadi est un juge dans un tribunal islamique ;

  • L’ouléma, ‘âlim (arabe : عالِم), est un docteur de l’islam, un enseignant-chercheur en droit musulman.

  • Le molla ou mollah (ayatollah ou hodjatoleslam) est un érudit musulman dans des pays dont le langage a une influence perse (arabe : mawlān, مولًى, pl. mawâlin, موالٍ aide ; défenseur ; seigneur). Il est la plus haute autorité pour les chiites.

  • Jusqu’en 1055, le calife détenait le pouvoir temporel (politique et militaire) et spirituel (théologique et judiciaire).

En Europe et dans certains pays musulmans, la question des formations se pose. En France, “aucune université ni établissement scolaire reconnu ne propose à l’heure actuelle de former les candidats à la fonction religieuse.” Actuellement, les imams sont formés soit dans l’institut des « Musulmans de France », soit à l’institut Al-Ghazali de la Grande Mosquée de Paris (GMP)267.

Dans le sunnisme

Carte postale de 1900 montrant le minbar (chaire utilisée par l’imam pour son prêche) de la Grande Mosquée de Kairouan. Cette chaire du ixe siècle, toujours en place dans la mosquée, est le plus ancien minbar encore intact du monde musulman268.

Il n’existe pas “au moins dans l’islam sunnite, d’un véritable clergé comparable au clergé catholique.” et pas de “véritable séparation entre clercs et laïcs dans l’islam sunnite”269. Néanmoins, si “l’islam est une religion sans Église ni clergé. […] cela ne signifie pas qu’il soit pour autant une religion sans clercs ni institutions”270.

“L’idée que l’islam serait une « religion de laïcs » relève d’une vulgate du dogme musulman selon laquelle l’autorité religieuse serait une capacité exclusivement divine”. L’islam sunnite possède une structure institutionnelle, autour de la place centrale occupée par l’imam. Ils assurent la direction de la prière et parfois aussi la prédication271. Selon la canon islamique, la prière à la mosquée doit être dirigé par un imam. Celui-ci a, dans la mosquée, un véritable rôle de chef d’orchestre et possède une autorité rituelle. L’imam est distingué du fidèle par sa position et par le fait qu’il soit “seul habilité à prononcer à haute et intelligible voix l’ensemble des paroles rituelles constitutives de la salat.” Il a aussi autorité pour légitimer la validité d’une prière ou demander au fidèle de la refaire271. En outre, ils ont parfois, en France, des fonctions, qui, en pays musulman, seraient attribué aux oulémas, au mufti ou au mourchid271.

“Cette autorité passe néanmoins d’autant plus souvent inaperçue que le caractère basique des qualifications qu’elle requiert permet aux fidèles de continuer à se représenter ce rôle comme « universellement » accessible”271. Ce principe est particulièrement répandue dans les mosquées française, ce que a permis de se singulariser du catholicisme271.

Dans le chiisme

Le chiisme orthodoxe de la branche usuli (clergé des ayatollah) reconnaît (contrairement aux chiites akhbaris), a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques272. Chez les chiites, le titre d’imam désigne le chef spirituel et temporel de la communauté musulmane (calife pour les sunnites). Il est porté par les descendants d’Ali ibn Abi Talib (premier imam) et de Fatima Zahra (fille de Mahomet) jusqu’au douzième imam (Mahdi). Les imams sont considérés comme les dépositaires du sens secret de la révélation coranique et comme les seuls successeurs légitimes de Mahomet273.

Fêtes musulmanes

Articles détaillés : Aïd al-Adha et Aïd el-Fitr.

Le vendredi est, pour les musulmans, un jour consacré au culte, prenant place à la mosquée à midi. Ce jour n’inclus pas, comme le sabbat ou le dimanche chrétien, une dimension de repos. Cette prière du vendredi est évoquée dans le Coran274.

Dans l’islam, deux fêtes sont particulièrement sacrées : l’Aïd al-Adha et l’Aïd el-Fitr.

Célébration de l’Aïd el-Fitr au Maroc

Achoura : le jeûne de Achoura est un temps de jeûne facultatif, emprunté au judaïsme278. Pour les chiites, c’est surtout la date anniversaire de la mort de l’imam Husayn, petit-fils de Mahomet279.

Ramadan : Seul mois dont le nom figure dans le Coran280,Note 43, ramadan est pour les musulmans le mois saint par excellence281 car il constitue le mois du jeûne (ou sCaoum) et contient Laylat al-Qadr (la nuit du Destin)282. En français comme en anglais, on emploie indifféremment le mot « ramadan » pour désigner le mois saint pour les musulmans et, par métonymie, le jeûne ou saoum283Laylat al-Qadr (Nuit du Destin), considérée comme la nuit la plus sainte de l’année, est une commémoration observée au cours de l’un des dix derniers jours impairs du mois. C’est au cours de cette nuit que le Coran aurait été révélé au prophète Mahomet par l’archange Gabriel284.

Mawlid (Aïd Mawlid-ennabaoui) : Cette fête est la célébration de la naissance de Mahomet. Elle a été célébrée, dans l’islam sunnite, depuis le VIIIe siècle. Elle est néanmoins considérée comme une innovation. Des débats existent pour savoir si il s’agit d’une innovation louable ou blamable. “Ces derniers représentaient une minorité peu écoutée, voire condamnée, pendant toute la période médiévale et moderne, mais l’avènement des mouvements fondamentalistes réformateurs dans la première moitié du xxe siècle met en cause ce consensus savant et populaire autour du bien-fondé et de la licéité de la célébration de la naissance du Prophète.”285 Suite à la diffusion de l’idéologie wahhabite, cette fête connait un déclin. Cette fête est centrée sur la récitation de textes sur Mahomet, sa prophétie, son rôle d’intercesseur… Bien que les oulémas aient tenté de limiter ces aspects, cette fête illustre “la louange du Prophète qui, pendant des siècles, a constitué une culture religieuse fortement émotionnelle” et des forme de vénération de Mahomet285.

Culture islamique

Ablations traditionnelles

Scène de circoncision. Bas-relief de la tombe de Ankhmahor, à Saqqarah, en Égypte ancienne. C’est la plus ancienne illustration connue de la circoncision (env. 2300 avant J.-C.).

Article détaillé : Fitra.

Pour les musulman, la nature primitive (fitra) fixe aux hommes musulmans, outre la coupe des cheveux, recommande cinq ablations traditionnelles286 :

  • la circoncision masculine

  • l’épilation des poils du pubis et des aisselles

  • le coupage des ongles

  • la taille de la moustache

  • la taille de la barbe : elle ne doit pas dépasser la largeur d’une main, à partir du menton, c’est-à-dire à hauteur de la base du cou (tôlia)20.

La circoncision est une pratique largement répandue dans le monde musulman. Elle se pratique, selon les régions, entre le septième jour et la quinzième année. Pourtant, cette ablation n’a de fondement normatif, ni dans le Coran, ni dans les hadithsNote 44. Son origine, dans le monde musulman, est lié à la présence importante de cette pratique en Arabie préislamique. Selon les hadiths, c’est un usage qui serait resté courant dans les premières communautés musulmanes287. Ce rite de passage et de reconnaissance de la petite fille dans sa société perdure en dehors de l’islam chez les coptes, les chrétiennes d’Égypte288.

Selon le droit musulman, la circoncision est un acte sunna, recommandé, mais obligatoire (pour les deux sexes) dans l’école shafi’ite. Un argument avancé est la circoncision d’Abraham. Néanmoins, pour les musulmans, elle est perçue majoritairement comme “une obligation rigoureuse, au même titre, par exemple, que les piliers de l’islam”. Elle a acquis dans l’islam une fonction de rite de passage287. C’est donc un acte plus culturel que cultuel289.

L’excision du clitoris n’est pas davantage une pratique prescrite par le Coran. Les écoles juridiques la recommandentNote 45 en se fondant sur des hadiths qui ne la prescrivent pas explicitement. Comme pour la circoncision, le fiqh semble avoir entériné une pratique préislamiqueNote 46287. Selon les sociologues congolaisRégine Tchicaya-OboaAbel Kouvouama et Jean-Pierre Missie, l’excision fait débat entre les commentateurs « sunnites » qui la défendent soit comme recommandation, soit comme obligation, soit sous la pression de l’État comme un acte interdit290,Note 47Note 48,291292. .

Selon le sociologue ivoirien Marcel Kouassicertains adeptes d’un islam traditionaliste s’appuient sur plusieurs hadiths qu’ils considèrent comme « authentiques » pour défendre cette « tradition »293.Le grand imam de l’Azhar au Caire, l’une des plus grandes références du monde sunnite, a fermement condamné l’excisionau motif que les textes qui la recommandent sont totalement trafiqués par les salafistes pour habiller juridiquement ce qu’il considère comme un syncrétisme288.

Tabous alimentaires

Articles détaillés : HalalHaram et Dhabiha.

La loi islamique fournit un ensemble de règles prescrivant ce que les musulmans doivent manger. Ces règles spécifient ce qui est halal (halāl), c’est-à-dire légal. Ces règles se trouvent dans le Coran, qui décrit aussi ce qui est haram (harām), c’est-à-dire illégal. Le Coran insiste sur cet aspect normatif, de la différence entre le licite et l’illicite. Ainsi, certains versets prescrivent des interdits et d’autres abrogent les interdits juifs et arabes préislamique294. Le Coran se présente comme moins contraignant que les interdits alimentaires juifs, qui sont, selon lui, des punitions divines. Néanmoins, les lois alimentaires musulmanes sont moins le fait du Coran que de la Sunna294.

Un des premiers interdits coraniques liés à la nourriture concerne les excès295. Au-delà, d’autres interdits définissent les aliments — principalement d’origine animale — et les boissons autorisés dans le cadre de la charia. Les critères utilisés précisent à la fois quels sont les aliments autorisés et la manière dont ils doivent être préparés. Ces interdits sont considérés comme une voie de Salut295. Ces interdits sont levés en cas de contrainte de la faim, sans intention de pécher296.

Selon Florence Bergeaud-Blackler, « en Europe occidentale, jusqu’aux années 1980, la plupart des autorités musulmanes considéraient les nourritures des gens du Livre (juifschrétiensmusulmans) comme halal, à l’exception du porc ». Cette absence d’objection est confirmée dans une fatwa de Mohamed Abduh297. et s’appuie sur le texte coranique (la sourate 5 et notamment son cinquième verset)298. Jusque dans les années 1980, hormis quelques juristes d’écoles rigoristes et des groupes islamistes originaires du sous-continent indien, les autorités religieuses, y compris les plus radicales « considéraient que les musulmans pouvaient consommer la nourriture des pays de tradition chrétienne et juive »299.

Florence Bergeaud-Blackler, rappelle que le “marché halal”Note 49 est un marché mondialisé industriel né dans les années 1980 d’une rencontre entre deux courants : l’idéologie libérale du libre-échange dans un marché mondial sans frontières et le fondamentalisme islamique porté par deux tendances : les Frères musulmans et les salafistes299. Cette évolution permettait aux courants fondamentalistes d’« ériger des frontières symboliques entre les musulmans et les non-musulmans »297.

La Ḏabīḥah (ذَبِيْحَة) est la méthode prescrite par la loi islamique concernant l’abattage de tous les animaux à l’exception des animaux marins. Il doit être réalisé en invoquant le nom d’Allah, en disant : « Bismillah Allahi al-Rahman al-Rahim» (Au nom de Dieu le très miséricordieux le tout miséricordieux)300. Le sacrificateur doit appartenir à la catégorie des “gens du Livre”301. Mais les savants musulmans restent en désaccord sur la licéité de la viande cacher et la conception souple du halal a tendance à être marginalisée301.

Calendrier islamique

Les phases de la lune forment la base du calendrier islamique.

Article détaillé : Calendrier musulman.

L’islam possède un calendrier propre. On indique qu’une date est donnée dans ce calendrier en ajoutant la mention calendrier musulman, calendrier hégirien, ère musulmane ou ère de l’Hégire ; ou en abrégé, (H) ou (AH) (du latin anno Hegiræ)302. Ce calendrier a été mis en place par le calife Umar, qui a fixé son point de départ au premier jour du premier mois de l’année de l’Hégire, le 16 juillet 622. Il introduit alors une ère de l’Hégire303.

Le Coran précise que le calendrier doit être lunaire, dans la continuité de pratiques présentes dans certaines parties de l’Arabie préislamique. Elle est composée de 12 mois, dont quatre sont considérés comme sacrés303. Le Coran évoque l’interdiction d’une pratique qui semble celle du mois intercalaire. Le calendrier musulman se décale donc d’environ par an par rapport au calendrier solaire. Le terme “yawn” (jour) apparaît environ 460 fois dans le Coran303.

Il est à noter qu’il existe un conflit méthodologique quant à la fixation de la date de début du ramadan. Contre la méthode oculaire (qui ne requiert aucun clergé), la société secrète304 des frères musulmans milite régulièrement pour la méthode dite scientifique, c’est-à-dire celle des calculs astronomiques, sur la base d’une réinterprétation d’un verset du Coran. Cependant, le début du ramadan n’a jamais été fixé autrement que par l’observation du premier croissant de lune dans le ciel, à l’époque de Mahomet, de ses compagnons, et des musulmans sunnites des premiers siècles suivant la Sunna, et aucune information fiable ne permet d’établir d’autre méthode305.

Musique islamique

Articles détaillés : Musique islamique et Tala’ al Badru ‘Alayna.

L’islam sunnite entretient une relation assez complexe avec la musique. Si la musique comme fait religieux est attestée dans la religion musulmane, certains auteurs soulèvent la difficulté de conceptualiser une « musique sacrée. » Dès ses origines et la vie de Mahomet, certaines contradictions semblent exister et plusieurs courants de pensée -de l’interdiction de la musique à son autorisation- s’opposent306.Les musulmans défendant cette vision s’appuient aussi bien sur le texte du Qorʾān que sur les hadîths. Pourtant, le terme musique n’est pas utilisé explicitement dans le Coran et cette interprétation s’appuie sur ce qui est perçu comme une allusion307. Cet argumentaire s’est construit au fur et à mesure de l’islam et suscite toujours le débat308.

Dans les textes présentant la vie de Mahomet, en raison de certaines contradictions et/ou divergences d’interprétations, différents courants de pensée allant de l’interdiction de la musique à son autorisation s’opposent309.Bien que l’illicéité de la musique fasse consensus au sein du sunnisme, une emphase particulière sur son interdiction existe chez ses courants fondamentalistes : salafiste, wahhabite, etc310. Pour ce courant, la musique peut manipuler l’esprit et empêcher la méditation du Coran311.

La musique dans le monde sunnite est donc frappée d’interdits musicaux qui touchent aussi bien la musique religieuse que la musique profane. Ces prescriptions interdisent tout particulièrement, la musique instrumentale qui pourrait être considérée par l’Islam comme un art antireligieux. Pour cette raison et à la différence du soufisme, les instruments ne sont pas utilisés dans le cadre de la musique religieuse sunnite312.

Dans le cadre du sunnisme, la majorité des musulmans exclut de cette interdiction certaines musiques religieuses en raison de la place première du texte dans celle-ci. Ainsi, selon l’imam égyptien Mohamed Hassan, « le chant est une parole tant qu’il n’est pas accompagné d’instruments de divertissement et de musique313. » Pour eux, ces musiques ne sont pas de la musique au sens occidental du terme mais un mode d’énonciation du mot314.

Représentations en peinture et sculpture

Les sunnites ne sacralisent pas d’icônes. Selon plusieurs hadîths de MahometNote 50, la malédiction de Dieu s’abat sur toute personne produisant (par le dessin, la sculpture…) un être doté d’âme y compris les animaux, car cela est considéré par eux comme allant contre l’esprit du monothéisme. Un certain aniconisme voire un iconoclasme plus ou moins strict existe donc dans l’islam. Ainsi, les musulmans se servent plutôt de versets du Coran calligraphiés comme dans le palais de l’Alhambra, des formes géométriques (arabesques) ou de représentation de la Kaaba pour décorer les mosquées, les maisons et les lieux publics[réf. nécessaire].

En revanche, les chiites n’éprouvent pas de gêne à la reproduction de visages humains, comme ceux de personnalités cultes telles Ali et Hussein. En effet, contrairement aux Arabes, les Perses, à l’époque médiévale, disposaient déjà d’une longue tradition artistique (en matière de peinture et de sculpture) qui a perduré même après l’arabisation et l’islamisation de la Perse.

Symboles

La Grande Mosquée de Kairouan est l’une des œuvres majeures de l’architecture musulmane ayant servi de modèle à plusieurs mosquées tant en Tunisie que dans l’ensemble du Maghreb. De plan arabe, elle possède une vaste cour à portiques et une salle de prière hypostyle. Fondée en 670, elle date dans sa forme actuelle du ixe siècle, KairouanTunisie.

On associe souvent le symbole du croissant et de l’étoile à l’islam, bien qu’il lui soit antérieurNote 51. Selon Whitney Smith315, le croissant est déjà utilisé sur les emblèmes, artefacts religieux et bâtiments de la Carthage punique. On retrouve aussi le symbole du croissant dans l’Empire byzantin316. Il est ainsi attesté sur des monnaies byzantines à partir du IVe siècle317. Il pourrait avoir une origine sassanide. L’origine du symbole est donc obscure318. A la chute de l’empire byzantin, le symbole aurait pu avoir été conservé sur des drapeaux turcs319Note 52. S’il est utilisé avant par des musulmans, il s’est répandu comme symbole de l’islam qu’au XIV-XVe siècle318.

Un des symboles islamiques est la couleur verte320. Le vert est la couleur de la verdure et du paradis. Cette couleur est présente dans les descriptions coraniques321. Le paradis a été décrit comme verdoyant, où des sources d’eau couleraient en abondance, où les fidèles porteront des habits de soie vertsNote 53. La légende d’al-Khidr (celui qui est vert), témoigne de l’importance de cette couleur pour ce peuple322,323,324321. Elle aurait été la couleur préférée de Mahomet et deviendra la bannière des chiites321. Cette couleur deviendra, par la suite, mais dans des circonstances et à une date “assez floue”, le symbole de l’islam321. Selon Michel Pastoureau, elle prend une valeur sacrée vers le xiie siècle. Après la chute des Fatimides, elle perd sa dimension politique familiale pour devenir une couleur religieuse fédératrice. Cette mise en avant pourrait s’expliquer dans le contexte des croisades et pourrait même être liée à une promotion du vert par les croisés eux mêmeNote 54325.

Lieux saints et lieux de culte

Le mont Arafat, situé à La Mecque en Arabie saoudite, est le point d’orgue du pèlerinage. Les musulmans du monde entier affluent à cet endroit pour y être absous par Dieu.

Les lieux saints

La Mecque (Makkah) en Arabie saoudite, abrite la Kaaba (« le Cube »). Selon la tradition, il est le premier lieu de culte, bâti par Adam (Adam) sur Terre, puis reconstruit par Ibrahim (Abraham). L’histoire préislamique de la Kaaba est mal connue même si quelques récits et textes semblent attester néanmoins d’une existence d’un lieu de culte326. Tout musulman se doit d’y faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie s’il en a la capacité physique et financière ;

Médine (Madīnatu an-Nabî), où immigra Mahomet après s’être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de l’islam. Selon ses propres paroles, pour qui me visite après ma mort, c’est comme s’il m’avait visité de son vivant239 ;

La ville de Jérusalem327 (al-Qods) est informellement328 acceptée par les musulmans comme étant « le troisième lieu saint ». Cependant elle est reconnue comme d’une importance moindre, et certains courants islamiques identifient d’autres lieux saints plus importants329. C’est l’endroit vers lequel le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l’ascension (Isra et Miraj). Pour autant, ce statut de sainteté de la ville de Jérusalem connaît une mise en place longue puis connut des hauts et des bas.330. Il se développe principalement à partir de 1144, dans le cadre de la lutte contre les francs330

Les chiites reconnaissent deux autres lieux saints : Nadjaf, en Irak, et Kerbala, lieu du martyre d’Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils d’Ali, troisième imam, ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre l’imamat.

Par piété filiale, les sunnites reconnaissent l’importance d’Hébron, lieu du tombeau d’Abraham, père d’Ismaël239. Enfin selon l’UNESCO, la ville d’Harar en Éthiopie, est la quatrième ville sainte de l’islam 331,332,333.

La mosquée

Article détaillé : Mosquée.

Vue de la nef centrale de la salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan (en Tunisie) ; au fond deux fidèles font la prière face au mihrab (niche indiquant la qibla).

La mosquée (masjid, “lieu de prosternation”) est un espace spécifique réservé à la prière des musulmans” Il n’y a que peu d’éléments coraniques la concernant. La mise en place de la mosquée date, en effet, principalement de la période d’expansion de l’islam à partir du viie siècle. Le terme est principalement utilisé dans le Coran pour désigner la Kaaba334.

Simples à l’origine, elles acquièrent une dimension monumentale à l’époque omeyyade. Son organisation et ses éléments se mettent en place lentement (mihrab au viiie siècle par exemple) et la seule véritable obligation est alors la présence d’une qibla334.

A la mosquée, hommes et femmes sont séparés pour la prière. Cette séparation est liée au principe que la mosquée doit rester “pure”. Néanmoins, cette séparation est avant tout temporelle puisque les lieux peuvent, en dehors de la prière, être occupés par les deux sexes335.

Dialogue interreligieux

L’islam reconnaît tous les pères fondateurs du judaïsme (Moïse, David, Salomon) et du christianisme comme des prophètes, sans pour autant s’y limiter, et établit d’une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en Lui et un comportement de droiture[réf. nécessaire].

L’attitude de l’islam par rapport à ces deux religions antérieures, connues sous le nom de « religions du Livre », consiste à la fois à les respecter et à leur reconnaître une certaine vérité, mais les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (manipulations servant des besoins politiques, injustice, excès, etc.) comme énoncé dans les sourates 17 et 30 par exemple[réf. nécessaire].

Pour ce qui est de la tolérance religieuse, la lettre de Mahomet aux chrétiens najrânites où ils purent exercer librement leur culte en l’an 631 est souvent citée. Pour des chercheurs, ces alliances ont été tardivement forgées par des chrétiens qui voulaient prouver à leurs suzerains musulmans que le Prophète lui-même avait garanti leur bien-être et la préservation de leurs biens336,337,338.

L’apostasie dans l’islam vers une autre religion, quelle qu’elle soit, est fermement interdite par l’interprétation majoritaire du Coran339.

Rôles de genre

Article détaillé : Rôles de genre dans l’islam.

Les rôles de genre dans l’islam sont simultanément colorés par deux préceptes coraniques : en premier lieu l’égalité spirituelle entre les femmes et les hommes ; en second lieu l’idée que les femmes sont destinées à exemplifier la féminité et les hommes, la masculinité340.

L’égalité spirituelle entre les femmes et les hommes est détaillée dans la sourate Al-Ahzab :

« Les musulmans et musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumônes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. »

— Coran, sourate 33, verset 35

Par ailleurs, Mahomet rappela l’importance de la femme dans l’accomplissement spirituel de chaque musulman en disant : Le Paradis se trouve sous les pieds de vos mères341,342. Selon Muhammad Hamidullah, Mahomet nomma d’ailleurs imam des hommes et femmes de son quartier à Médine à titre exceptionnel343 Umm Waraqa (en), une femme qui avait appris le Coran par cœur344.

Toutefois, l’une des plus grandes références du salafisme, le cheikh Ibn Uthaymin (en), une figure du wahhabisme saoudien, estime, dans ses consultations juridiques (fatwas), que les femmes de bonnes mœurs ne doivent quitter leur domicile qu’avec l’autorisation du mari ou du « gardien ». Il précise que : La femme est libre chez elle, elle se rend dans toutes les pièces de la maison et travaille en accomplissant les tâches ménagères345. En réalité, selon la Hedjazie Suhayla Zayn al-Abidin, le wahhabisme a servi à légitimer ce qui n’est rien d’autre que des coutumes locales najdies : alors que l’islam a permis l’ijtihad (l’interprétation des textes) dans le but de s’adapter aux circonstances correspondant aux différents lieux et aux différentes époques, un groupe d’oulémas, qui n’est pas peu nombreux, s’est contenté de proclamer des interdictions au nom de sadd al-dharaʿi (« blocage des moyens », principe-clé du droit wahhabite). Ceux d’entre eux qui ont appliqués ce principe à la femme l’ont fait parce qu’ils la regardent avec des yeux païens (jahiliyya), et la traitent selon des coutumes et des traditions païennes, qui ne sont en rien une application de ce qu’a apporté l’islam346,347.

Critiques

Les critiques négatives contemporaines, faites à l’islam par de nombreux auteurs de pays dont les systèmes politiques sont laïques ou séculiers, sont pratiquement les mêmes que celles faites aux deux autres religions monothéistes : obscurantismemisogyniephallocratiehomophobieintoléranceéloge de certaines violences, etc., qui en sont les caractères extrémistes et qui dominent face aux notions de justice, de paix, d’égalité que l’on peut retrouver dans ces religions.

Par exemple, parmi les auteurs anglo-saxons, l’éthologiste britannique Richard Dawkins348 estime que l’islam est incompatible avec les avancées récentes de la science, et en particulier la théorie de l’évolution, et a même émis le souhait personnel de populariser l’évolution dans le monde islamique349. Pour l’historien tunisien Mohamed Talbi l’évolutionnisme est une vieille tradition dans la pensée musulmane, il cite entre autres Ibn Khaldoun350.

Le journaliste anglo-américain Christopher Hitchens351, est encore plus virulent à l’égard de l’islam et des religions en général : Violente, irrationnelle, intolérante, alliée au racisme, au tribalisme et au sectarisme, revêtue d’ignorance et hostile à l’investigation libre, dédaigneuse des femmes et coercitive envers les enfants : la religion organisée doit avoir beaucoup sur la conscience. Au sujet de l’islam, Hitchens soutient que cette religion est sexiste, intolérante, et comprend de nombreuses sectes guerrières et contradictoires entre elles352. Néanmoins, l’affirmation fondamentale de l’islamisme selon laquelle l’islam ne peut s’améliorer et est définitif est, selon lui, absurde353. Cependant, bien des critiques peuvent paraître infondées, comme l’accusation de racisme, de tribalisme ou d’intolérance. En effet, lors de son discours d’adieu, Mahomet a déclaré au contraire qu’aucun Arabe n’a une supériorité sur un non-Arabe354. Prophétisant les foutoûhât (ouvertures à l’islam355) entre autres de l’Égypte, il a recommandé de traiter ses habitants avec bienveillance : Dieu vous recommande les gens de la protection (Ahl al-dimmah), les gens de l’argile noire (limon du Nil, ndlr), qui sont de teinte noire et ont les cheveux crépus car ils sont vos parents (par Agar, ndlr) et alliés (par Maria la Copte, ndlr)356. Et d’insister : il faut obéir à l’autorité légale, même détenue par un Noir à nez coupé (adultère, ndlr)357,Note 55. Dans sa biographie sur MahometMaxime Rodinson fait une analyse contextuelle des réformes législatives et sociales de Mahomet, et souligne que celui-ci a fait des réformes concernant la condition féminine, l’esclavage, et la sécurité en général358. Après une étude contextualisée de ses réformes au regard de l’époque médiévale, Rodinson conclut : Ainsi se constituait une législation qui, malgré ses lacunes, ses obscurités, son caractère occasionnel, était à maints égards un progrès sur l’état antérieur. Elle répondait bien aux nécessités particulières de la petite communauté médinoise en voie d’extension. Elle sauvegardait la sécurité de l’individu et protégeait certaines catégories particulièrement exposées. En général, la tendance existante à l’individualisme était encouragé, sans que le système tribal soit abandonné. Surtout au milieu de l’océan des coutumes imposées par la tradition et l’opinion publique, apparaissaient des éléments d’un véritable droit des prescriptions, en principe nettement formulées et valables pour tous359. Après la mort de Mahomet (en 632), le deuxième calife de l’islam Omar ibn al-Khattâb (mort en 644) a poursuivi ces réformes sociétales en abolissant l’esclavage pourtant traditionnellement ancré dans toute l’Arabie360.

Le futur de l’islam se trouve dans le principe de l’accord des musulmans avec la conception de la [foi] universelle et la capacité, à travers cette universalité, de faire et d’abroger des lois. À mesure que les musulmans avancent, leurs lois peuvent, de même, avancer avec eux, et la prise de la mainmorte du droit canon peut se relâcher graduellement et légalement361.

Dans son livre Violence et islam, le poète arabe Adonis considère que la violence est inhérente à l’islam et au Coran, la non-violence ne s’appliquant pas envers les kafirs et les apostatsNote 56, ni envers les femmes362, et constate que l’islam, historiquement et idéologiquement, encourage le saby (la prise de captives)363.

Pour Ali Mostfa et Michel Younès, le débat aujourd’hui autour de l’islam en Occident se cristallise autour de nouveaux repères, telles que les revendications qui accentuent une altérité centrée sur l’observance des normes et du ritualisme en tant que variables permettant à l’individu de s’intégrer dans la collectivité. Un nouvel imaginaire se trouve ainsi renforcé, celui du retour à un passé mythifié comme argument pour raffermir le phénomène communautaire et densifier les références globales de l’appartenance364.

Notes et références

Notes

  1.  Voir la sourate 2 (verset 135), la sourate 3 (verset 67) et la sourate 6 (verset 161) du Coran.
  2.  Par exemple, Sourate 2 : La vache (Al-Baqarah) : Nous croyons en Allah et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus [d’Israël], et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis..
  3. ↑ Revenir plus haut en :a et b Par exemple, sourate 33 : Les coalisés (Al-Azhab) : En effet, vous avez dans le Messager d’Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment..
  4.  Hadith : le prophète a dit : Le croyant mange à satisfaire la faim d’un seul intestin. Le mécréant mange pour en remplir sept., rapporté par Boukhari.
  5.  Le Coran est le reflet d’une telle distinction. Ainsi, par exemple, la sourate 49 fait oppose, chez les bédouins, deux états : celui de croyants (mu’min) et celui de soumis (muslim). Dans ce contexte, le muslim est quelqu’un qui s’est converti superficiellement, sans avoir la foi.
  6.  Cette définition ressort de toutes les études générales d’histoire ou d’histoire de l’art sur l’islam, par exemple : « L’Islam », par G. Ryckman et Gaston Wiet, directeur du musée arabe du Caire, p. 333, volume 3, dans Histoire générale des religions, dir. Maxime Gorce et Raoul Mortier, 5 in-2°, Paris, Quillet, 1948. L’auteur précise dans l’introduction que le génie de Mahomet est d’avoir fait de l’islam un patriotisme dont le fondement est religieux. Le Larousse du xxe siècle donne à l’Islam le sens second d’ensemble des pays de religion islamique. Littré aussi, mais c’est au mot Islamisme, avec le « même sens que celui de Chrétienté pour les pays chrétiens. »
  7.  Les auteurs parlent parfois des “guerres d’apostasie”, terme “apologétique et anachronique”, l’islam n’étant pas encore une religion constituée.
  8.  A propos de l’histoire de la rédaction du Coran et des débats scientifiques sur le sujet, lire Coran et Recherches sur la datation du Coran
  9.  Il y a environ 20 millions de chrétiens parmi les Arabes.
  10.  Ni le Coran, ni le propos attribué à Mahomet ne contiennent le mot “piliers”.
  11.  Tradition (hadith) rapportée par Mouslim dans son livre As-sahih.
  12.  En effet, l’imam Abû Hanîfa (mort en 150H/767G) a explicité la position musulmane concernant le rapport entre l’imane et l’islam en ces paroles : Ils sont comme le revers et le plat de la main, c’est-à-dire qu’ils sont inséparables, et par conséquent tout musulman (mouslim) est considéré comme croyant (mou’min) et vice-versa[réf. nécessaire].
  13.  Le Coran, « Le Tonnerre », XIII, 16, (ar) الرعد , « L’Araignée », XXIX, 61-63, « Lokman », XXXI, 25, « Troupes », XXXIX, 38
  14.  Par exemple, sourate 2 : La vache (Al-Baqara) : Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent à l’exception d’Iblis qui refusa, s’enfla d’orgueil et fut parmi les infidèles..
  15.  Par exemple, sourate 18 : La caverne (Al-Kahf) : Et lorsque Nous dîmes aux Anges : « Prosternez-vous devant Adam », ils se prosternèrent, excepté Iblis [Satan] qui était du nombre des djinns et qui se révolta contre le commandement de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis? Quel mauvais échange pour les injustes !.
  16.  Hadith : le prophète a dit : Les Anges sont créés à partir de la lumière et les djinns le sont à partir d’une flamme et Adam l’a été à partir de l’argile. Rapporté par Mouslim.
  17.  Auparavant, il existait quelques textes rimés, chansons et poésies en arabe, et ceci explique que le Koran soit rythmé. D’après Guy Franco, « L’Islam aujourd’hui », dans Mémoires de l’Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse [archive], vol. 157, 1995, p. 198.
  18.  Littéralement, le Coran affirme que Mahomet ne savait ni lire, ni écrire : Et avant cela, tu ne récitais aucun livre et tu n’en n’écrivais aucun de ta main droite. Sinon, ceux qui nient la vérité auraient eu des doutes.(Coran, 29 ; 48).
  19.  Sourate 56 : L’évènement (Al-Waqi’a) : que seuls les purifiés touchent.
  20.  An-Nawawi, Al-Majmu`, (Cairo, Matbacat at-‘Tadamun n.d.), 380.
  21.  Dis : « Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres. (Coran, sourate 17, verset 88)
  22.  « La conclusion du raisonnement est déjà contenue dans les prémisses, ou mieux les prémisses sont puisées dans la conclusion. En effet, on peut déconstruire le raisonnement, et il apparaît alors que l’on passe « de la conviction à la raison ». La conviction initiale est que le Coran révélé en arabe est la forme exemplaire de l’expression claire ; cette certitude devient les prémisses du raisonnement… »
  23.  Ainsi, pour le penseur algérien Malek Bennabi, dans un ouvrage “se voulant juste [être] une tentative de prouver la source surnaturelle et divine du Coran”, «l’histoire n’a pas mentionné que ce défi [de l’inimitabilité] ait jamais été relevé ». Il cite à ce propos la réaction attribuée au chef mecquois et ennemi de la nouvelle religion Al Walida Ibn Al mughira : Ce que j’en pense? […] pardieu je pense que rien ne lui ressemble. Il est quelque chose de trop élevé pour être atteint. : https://iqbal.hypotheses.org/2454 [archive]
  24.  dont Bashâr Ibn Burd († 784), Abū al-ʿAtāhiyya († 828), Al-Mutanabbi(† 965) et Abu-l-Ala al-Maari († 1058)
  25.  De même, le poète persan Ibn al-Muqaffaʿ († 757) écrivit des texte en prose rimée pour répondre à ce défi et « montrer la banalité du langage coranique » : Youssouf T. Sangaré, «  », MIDÉO. Mélanges de l’Institut dominicain d’études orientales, no 34,‎ 30 mai 2019, p. 399–403
  26.  Résumé par Youssouf T. Sangaré, l’auteur de la review
  27.  La seule formule coranique qui pourrait être perçue comme une prédiction événementielle (30, 2-3) peut être lue de deux façons contradictoires.
  28. ↑ Revenir plus haut en :a et b Étymologie : de l’arabe « oum » (mère).
  29.  Le terme Coran a été inventé et utilisé pour la première fois dans le Coran lui-même. Cf. l’article « Coran » dans l’Encyclopaedia of Islam.
  30.  Coran [70:4] Les Anges ainsi que l’Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans.
  31.  Par exemple, Sourate 14 (Ibrahim) : au jour où la terre sera remplacée par une autre, de même que les cieux et où (les hommes) comparaîtront devant Allah, l’Unique, Le Dominateur Suprême..
  32.  Hadith : le prophète a dit Les gens seront ressuscités le jour de la Résurrection pieds nus et incirconcis rapporté par al boukhari et mouslim.
  33.  Sourate 3 (La famille d’Amram), verset 59 : Pour Allah, Jésus est comme Adam qu’Il créa de poussière, puis Il lui dit « Sois » : et il fut..
  34.  Sur le Mahdi, les traditions sunnites et chiites divergent, les chiites n’attendant que son retour – imam caché tandis que pour les sunnites, il ne naîtra que près de la fin des temps ».
  35.  Islamic conference in Chechnya: Why Sunnis are disassociating themselves from Salafists [archive] Sep, 09 2016 : He stated: “Ahluls Sunna wal Jama’ah are the Ash’arites or Muturidis (adherents of Abu Mansur al-Maturidi’s systematic theology which is also identical to Imam Abu Hasan al-Ash’ari’s school of logical thought). In matters of belief, they are followers of any of the four schools of thought (Hanafi, Shaf’ai, Maliki or Hanbali) and are also the followers of pure Sufism in doctrines, manners and [spiritual] purification..
  36.  D’autres sources donnent beaucoup moins de chiites mais n’estiment pas le nombre de wahhabites (15% des KSA sont des chiites) source : Anees al-Qudaihi, « Saudi Arabia’s Shia press for rights », BBC, 24 March 2009 ; et Lionel Beehner, [http://www.cfr.org/publication/10903/shiite_muslims_in_the_middle_east.html « Council on Foreign Relations » [archive], June 16, 2006 ; Vali Nasr, Shia Revival, 2006, p. 236.
  37.  Cette théorie est une construction qui, rejetant des hadiths chiites, va défendre la thèse du libre choix (ikhtiyâr) aura pour conséquence de devoir valoriser les Compagnons de Mahomet.”Elle s’interdit plus que les autres la réflexion sur la vérité des faits advenus, ce qui ne sera pas sans engendrer une tendance permanente au refus de la réalité et à l’idéalisation du passé, et cela jusqu’à nos jours.” :
  38.  Cette condition n’est pas suffisante pour les chiites : “chaque imâm choisit son successeur parce qu’il reconnaît en lui une dimension eschatologique, une sorte de préexistence métaphysique : l’imâm est dans l’ordre des faits choisi par Dieu et seulement reconnu par l’imâm qui le précède.”
  39.  Arabe : risāla, رسالة, message ; lettre épître.
  40.  Ces quatre “écoles” portent le nom de quatre imams. “Plus personne toutefois ne eut aujourd’hui prétendre que les imams éponymes furent les initiateurs de ces écoles”. Ces écoles sont née dans des cercles de savants dans un processus impersonnel. (E.C, “Sharia”, Dictionnaire du Coran.)
  41.  Selon Noah Feldman, les premiers attentats-suicides pourraient remonter aux anarchistes européens du xxe siècle (Noah Feldman, « Islam, Terror and the Second Nuclear Age », The New York Times,‎  (ISSN 0362-4331lire en ligne [archive], consulté le12 mai 2016).). Toujours est-il que, selon Constance Sereni (à l’échelle de masse) la stratégie militaire des attaques kamikazes (japonais : « vent divin ») serait plutôt une innovation du vice-amiral japonais Ônishi Takijirô au xxe siècle (« Tous les articles – La tactique kamikaze – une invention fondamentalement japonaise ? » [archive], sur GIS Asie / Réseau Asie & Pacifique (consulté le 12 mai 2016).)
  42.  Lorsque des militants chiites ont fait exploser la caserne des Marinesaméricains au Liban
  43.  Coran, II, 185.
  44.  Les cinq ablations, cités ci-dessus, proviennent d’un hadith mais sont davantage une invitation qu’une norme prescriptive.
  45.  “sous une forme bénigne”
  46.  L’excision du clitoris (ou clitéroctomie) est une pratique attestée en Égypte à l’époque ptolémaïque mais mal connue : Ange-Pierre Leca, La médecine au temps des pharaons , Paris, Dacosta, 1992, chapitre « excision ».
  47.  En Guinée (pays à majorité sunnite), les musulmanes défendent l’excision comme une obligation religieuse. P. Stanley Yoder, Papa Ousmane Camara, Baba Soumaoro, L’excision et la socialisation des adolescentes en Guinée, Calverton, Maryland, U.S A . Macro International Inc et Université de Conakry, Conakry, Guinea, , 57 p.(lire en ligne [archive])p. Chapitre 4..
  48.  Selon Habib Ellouze, l’excision dont il s’agit, serait seulement une nymphoplastie ou labiaplastie : dans les régions où il fait chaud, les gens sont contraints d’exciser les filles à titre de thérapie, car, dans ces régions, les clitoris sont trop grands et gênent l’époux […] On excise ce qu’il y a en plus, mais ce n’est pas vrai que l’excision supprime le plaisir chez les femmes, c’est l’Occident qui a exagéré le sujet. L’excision est une opération esthétique pour la femme
  49.  L’auteur étudie ici le “marché halal”, pratique contemporaine particulière, et non l’existence de pratiques normatives alimentaires.
  50.  Exemple : Ceux qui subiront le chatiment le plus dur, le jour du jugement dernier, ce sont ceux qui dessinent les images (Bukhari 78/75).
  51.  Les croissants de lune utilisés dans l’antiquité peuvent avoir plusieurs directions. Le croissant vertical, tourné vers la droite, s’est développé avec l’islam : G. Camps, « Croissant », Encyclopédie berbère, 14 | 1994, 2121-2125.
  52.  Il n’apparaît officiellement sur les drapeaux turc qu’en 1793, en association avec une étoile à huit branches L’étoile a cinq branches n’apparaît qu’en 1844. : Marshall, Tim (2017-07-04). A Flag Worth Dying For: The Power and Politics of National Symbols. Simon and Schuster. ISBN 978-1-5011-6833-8.
  53.  Par exemple, sourate 18 (Al-Kahf) : Voilà ceux qui auront les jardins du séjour (éternel) sous lesquels coulent les ruisseaux. Ils y seront parés de bracelets d’or et se vêtiront d’habits verts de soie fine et de brocart, accoudés sur des divans (bien ornés). Quelle bonne récompense et quelle belle demeure !.
  54.  “De même que ce sont probablement les croisés qui ont sorti le croissant du vaste répertoire de figures emblématiques utilisées par les musulmans et qui l’on promu pour en faire la seule figure s’opposant à la croix, de même peut-être ont-ils contribué à la promotion du vert dans le camp d’en face : une seule couleur pour emblématiser l’adversaire.Tout au long de l’Histoire, dans les guerres des emblèmes et des symboles, le regard de l’autre a toujours été déterminant”
  55.  Bukhari, vol. 9, livre 89, no 256 avec cette différence : Écoutez et obeissez, même si l’on vous a donné pour chef un esclave éthiopien noir comme un raisin sec.
  56.  Il existe dans le texte une violence théorique et une violence pratique. La violence théorique a engendré la violence pratique. Sur le plan pratique, par exemple, l’individu ne peut nullement se défaire de la croyance de ses parents ou de sa communauté au profit d’une autre. Beaucoup de versets condamnent l’apostasie […]. « Ne laisse sur la terre aucun habitant qui soit au nombre des incrédules. » (Coran 71:26) Le musulman qui lit ce verset est invité à exercer le djihad pour réaliser ce souhait et à combattre la « mécréance » avec tous les moyens dont il dispose. C’est une violence qui n’est pas vue comme telle car considérée comme un triomphe de l’islam et du vouloir divin. On peut d’ores et déjà dire que la violence est intrinsèque à l’islam. On peut citer également : « Nous nous sommes vengés d’eux ; nous les avons engloutis dans l’abîme » (Coran 7:135) ; « le jour où nous les saisirons avec une très grande violence, nous nous vengerons » (Coran 44:16) ; « Le Jour de la Résurrection nous les rassemblerons face à face ; aveugles, muets et sourds. Leur asile sera la Géhenne. Chaque fois que le Feu s’éteindra, nous en ranimerons, pour eux, la flamme brûlante » (Coran 17:97). Dans cette même sourate, il est dit : « Considère comment nous avons préféré quelques-uns d’entre eux aux autres » (Coran 17:21). C’est la loi de l’arbitraire. […] Ceux qui osent désobéir « seront traînés avec des chaînes dans l’eau bouillante et précipités ensuite dans le feu » (Coran 40:70-72). Violence et islam, Adonis, entretiens avec Houria Abdelouahed, éditions Seuil(ISBN 978-2-02-128858-2)p. 51, 52 et 53.

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Voir aussi

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Bibliographie

Avertissement : la bibliographie ci-dessous est proposée à titre indicatif. La littérature sur l’islam étant très abondante, seuls quelques livres sont proposés. Toutefois, ces livres n’ont pas tous la même valeur didactique et leur choix repose sur celui de plusieurs éditeurs de cet article. Leur présence sur cette liste n’est en aucun cas gage de sérieux de l’ouvrage.

Ouvrages

  • Michel Reeber, L’islam, Toulouse, Milan, coll. « Les Essentiels », , 128 p. (ISBN 978-2-7459-6324-6) (pour une première approche).

  • Paul BaltaL’islam, Paris, Le Cavalier Bleucoll. « Les idées reçues », , 127 p. (ISBN 978-2-84670-236-2) (également pour une première approche).

  • Jean-Loup Amselle, Islams africains : La préférence soufie, Lormont, Le Bord de l’eaucoll. « Pour mieux comprendre », , 146 p. (ISBN 978-2-35687-518-1).

  • Henri de Saint-Bon, L’islam éclaté : Ses multiples branches et ramifications des origines à nos jours, Paris, Salvator, 192 p. (ISBN 978-2-7067-1440-5).

  • Pierre Conesa (préf. Hubert Védrine), Dr Saoud et Mr. Djihad : La diplomatie religieuse de l’Arabie saoudite, Robert Lafont, , 306 p. (ISBN 978-2-221-19564-2 et 2-221-19564-7).

  • Sabrina Mervin, Histoire de l’islam : Fondements et doctrines, Paris, Flammarioncoll. « Champs Histoire », , 381 p. (ISBN 978-2-08-138659-4).

  • Antoine Sfeir, L’islam contre l’islam : L’interminable guerre des sunnites et des chiites, Paris, Le Livre de Poche, coll. « Biblio Essais », , 192 p. (ISBN 978-2-253-15654-3).

  • Mohammed Arkoun, L’Islam, Paris, Jacques Grancher, coll. « ABC », , 368 p. (ISBN 978-2-7339-1014-6 et 2-7339-1014-0).

  • Dominique Sourdel et Janine Sourdel-Thomine, Vocabulaire de l’islam, Paris, PUFcoll. « Que sais-je ? » (no 3 653), , 128 p. (ISBN 978-2-13-062768-5).

  • Alfred-Louis de Prémare, Les fondations de l’islam : entre écriture et histoireSeuilcoll. « L’Univers historique », , 522 p. (ISBN 978-2-02-037494-1).

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    • Tome 1 : De Qumran à Muhammad.

    • Tome 2 : Du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire.Cette publication a constitué la thèse de doctorat en théologie/histoire des religions qu’É.-M. Gallez a soutenue à l’université de Strasbourg II en 2004.

  • Abdou Filali-Ansary, Réformer l’islam ? : Une introduction aux débats contemporains, Paris, La découvertecoll. « Poches Sciences », , 284 p. (ISBN 978-2-7071-4674-8).

  • Anne-Marie Schimmel, L’islam au féminin : La Femme dans la spiritualité musulmaneAlbin Michelcoll. « Spiritualités vivantes », , 219 p. (ISBN 978-2-226-10985-9).

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  • Mohamed Mestiri et Moussa Khedimellah, Penser la modernité et l’islam, Institut International de la pensée Islamique (IIIT),  (ISBN 978-2-9524471-0-2).

    Littérature confessionnelle

Essais

  • Le Coran (trad. Abdallah Penot), Alif, , 600 p. (ISBN 978-2-908087-31-4) (pour un essai de traduction).

  • Le Coran (trad. Denise Masson), t. 1, Gallimardcoll. « Folio classique », , 1 233 p. (ISBN 978-2-07-037233-1) (également pour un essai de traduction).

  • Le Coran (trad. Denise Masson), t. 2, Gallimardcoll. « Folio classique », , 608 p. (ISBN 978-2-07-037234-8) (également pour un essai de traduction).

  • Didier LeschiMisère(s) de l’islam de France, Paris, cerf, coll. « Actualité », , 164 p. (ISBN 978-2-204-11748-7).

  • Bernard Godard, La question musulmane en France : Un état des lieux sans concessions, Paris, Fayard, 352 p. (ISBN 978-2-213-68248-8).

  • Ramine Kamrane, Le problème théologico-politique de l’islam. Le livre infaillible, Paris, L’Harmattan, 116 p. (ISBN 978-2-336-00876-9).

  • Malek Chebel, Manifeste pour un Islam des lumières : 27 propositions pour réformer l’IslamFayard, 224 p. (ISBN 978-2-213-67699-9).

  • Gilles Kepel, Les banlieues de l’islam : Naissance d’une religion en FrancePoints, 425 p. (ISBN 978-2-7578-5345-0).

  • Gilles Kepel, Banlieues de la République : Société, politique et religion à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, Paris, Gallimard, 544 p. (ISBN 978-2-07-013682-7).

  • Gilles Kepel, Quatre vingt treizeGallimard (ISBN 978-2-07-013432-8 et 2-07-013432-6).

  • Olivier Roy, La laïcité face à l’islam, Paris, Fayardcoll. « Pluriel », , 176 p. (ISBN 978-2-8185-0372-0).

  • Olivier Roy, La sainte ignorance : Le temps de la religion sans culture, Paris, Seuilcoll. « La couleur des idées », , 275 p. (ISBN 978-2-02-093266-0).

  • Olivier Roy, L’islam mondialiséSeuilcoll. « Points essais », , 240 p. (ISBN 978-2-02-067609-0).

  • Arno Tausch et Hichem Karoui, Les musulmans : un cauchemar ou une force pour l’Europe ?, Paris, L’Harmattancoll. « Histoires et Perspectives Méditerranéennes », , 261 p. (ISBN 978-2-296-13980-0).

  • Michel Orcel, De la dignité de l’islam : Réfutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie chrétienne, Montrouge, Bayardcoll. « Histoire des Religions », , 187 p. (ISBN 978-2-227-48221-0).

  • Ben Salama, Au Nom de l’Islam : Enquête sur une religion instrumentalisée, Paris, L’Atelier, coll. « Social éco », , 216 p. (ISBN 978-2-7082-4058-2lire en ligne [archive]).

  • Eric Geoffroy, L’islam sera spirituel ou ne sera plus, Paris, Seuilcoll. « La couleur des idées », , 217 p. (ISBN 978-2-02-096972-7).

  • Charles Saint-Prot, Islam : l’avenir de la Tradition entre révolution et occidentalisation, Monaco/Paris, Rocher, , 618 p. (ISBN 978-2-268-06610-3).

  • Hamadi Redissi, Le pacte du Nadjd ou comment l’islam sectaire est devenu l’islam, Paris, Seuil, 342 p. (ISBN 978-2-02-096081-6).

  • Jean-Claude Barreau, De l’islam en général et du monde moderne en particulier, Belfond – Le Pré aux clercs, coll. « Pamphlet », , 134 p. (ISBN 978-2-7144-2740-3).

  • (en) Bernard Lewis (trad. Denis-Armand Canal, Jacqueline Carnaud, Dominique Férault, Odette Guitard, Tina Jolas, Denise Paulme et Rose Saint-James), IslamGallimardcoll. « Quarto », , 1 344 p. (ISBN 978-2-07-077426-5).

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  • (en) John Richard Bowen (trad. de l’anglais par Patrick Savidan), L’islam, un ennemi idéal, Paris, Albin Michel, 120 p. (ISBN 978-2-226-25480-1).

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Filmographie

Articles connexes

Liens externes